Présents dans toutes les régions du pays, les ronds-points sont souvent perçus comme des infrastructures simples et efficaces. Sauf que leur fonctionnement n’a pourtant rien d’intuitif pour de nombreux conducteurs. C’est ce que démontre une récente étude réalisée en Wallonie par l’AWSR (Agence de sécurité routière) et pour laquelle un millier d’automobilistes a été interrogé sur les règles qui régissent les giratoires. Le score plus que moyen de 6 sur 10 témoigne de lacunes persistantes, notamment en matière de priorité, de signalisation ou de choix de voie de circulation. Le problème, c’est que ces confusions ne sont pas anodines, car elles alimentent des comportements à risque, voire sont à l’origine d’accidents.
Chaque année, on recense environ 140 collisions avec blessés ou morts sur les ronds-points wallons. Si ces infrastructures permettent de réduire les accidents frontaux, leur forme circulaire favorise toutefois d’autres types d’accidents, principalement latéraux. Dans près de 60% des cas, la collision résulte d’une mauvaise anticipation ou d’un non-respect des règles de priorité.
Le clignotant, geste mal compris
L’une des erreurs les plus fréquentes concerne l’usage du clignotant. Un quart des conducteurs pensent à tort qu’il faut le signaler à l’entrée du rond-point. Ce réflexe est malheureusement ancré dans les habitudes et il est en réalité trompeur pour les autres usagers. En effet, actionner l’indicateur à droite peut faire croire à une sortie immédiate alors qu’il ne s’agit que d’une entrée dans le giratoire. En revanche, l’obligation d’utiliser son clignotant à la sortie ou lors d’un changement de bande est mieux assimilée : 95% des automobilistes l’intègrent correctement.
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Plus surprenant encore : seuls 10% des répondants savent que l’on peut choisir librement sa bande de circulation dans un rond-point. Cela signifie que neuf automobilistes sur dix ignorent qu’il est permis d’emprunter la voie intérieure ou extérieure selon sa trajectoire, en tout cas tant que les règles pour quitter le giratoire sont respectées. Sortir d’un rond-point est par ailleurs soumis à une obligation très précise : le conducteur doit se trouver sur la bande extérieure. Malgré cela, près d’un sur cinq pense, à nouveau à tort, pouvoir s’échapper directement depuis l’intérieur.
Des priorités mal ou pas respectées
La règle de priorité dans les ronds-points semble également poser problème aux automobilistes. Si la majorité reconnaît que les usagers déjà engagés ont la priorité, 20% estiment pouvoir entrer alors qu’un véhicule circule sur la voie extérieure. Et ce n’est évidemment pas le cas. Ce genre de malentendu peut engendrer des accidents, surtout avec des usagers vulnérables, comme les cyclistes, les trottinettistes ou les motards.
Ces derniers représentent 37% des victimes dans les accidents de ronds-points. Leur plus petit gabarit les rend plus difficiles à repérer. Il est dès lors conseillé aux cyclistes de rouler au centre de leur voie en l’absence de piste cyclable pour améliorer leur visibilité.
Le trio de tous les dangers
Naturellement, les risques augmentent la nuit. Dans 80% des accidents, la vitesse excessive est un facteur aggravant. Et l’alcool s’ajoute à l’équation : près d’un accident sur deux la nuit serait lié à une conduite sous influence.
Il semble évident que si l’enquête a été menée en Wallonie, celle-ci est révélatrice d’une situation similaire dans tout le reste du pays. Et en dépit de leur nombre toujours croissant, les ronds-points restent donc des lieux de méconnaissance du Code de la route.
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