Imaginez : vous roulez sur l'autoroute à 120 km/h, sans aucun obstacle en vue. Soudain, votre voiture freine à fond jusqu'à l'arrêt complet. Sans raison apparente. C'est exactement ce qui est arrivé à une Lyonnaise au volant de sa Peugeot 208 sur l'A40, en France. Ce phénomène est appelé freinage fantôme, une situation dans laquelle le système de freinage d'urgence du véhicule prend le relais, mais sans raison apparente.
Avalanche de réactions
L'incident de cette femme s'est malheureusement terminé sur une note tragique, sa voiture ayant été violemment percutée par un véhicule derrière elle. « J'ai eu de la chance de survivre à l'accident », a-t-elle déclaré plus tard. Ni son assureur, ni Peugeot, n’ont écouté son histoire : elle a alors décidé de créer un groupe Facebook pour relater sa mésaventure.
Une avalanche de réactions a suivi. Environ 250 conducteurs, répartis dans toute la France, avaient déjà vécu une expérience similaire. Au volant de véhicules de marques diverses : Renault, Volkswagen, Tesla, etc. Certains incidents se sont soldés par un échec cuisant, d'autres par une collision. La voiture autonome est-elle fiable ?
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Cette vague de réactions a incité le gouvernement français à prendre le problème au sérieux et a annoncé, par l'intermédiaire du ministère des Transports, la préparation d'une enquête officielle. L'organisme spécialisé de surveillance du marché des transports motorisés, le SSMVM, recueille actuellement des témoignages et n'exclut pas d'autres actions. La question est également devenue une priorité politique. Un député a posé des questions à l'Assemblée nationale et une pétition a même été lancée, bien que les réponses aient été limitées jusqu'à présent.
Pas de mensonges
Il n'existe pas de statistiques fiables sur le freinage fantôme – la nouvelle étude apportera des éclaircissements à ce sujet – mais depuis trois ans, le freinage d'urgence actif est une exigence européenne sur les nouveaux modèles homologués. Le nombre de voitures équipées de ce dispositif augmente, et logiquement, le nombre de messages d'erreur augmente également.
Les premiers cas apparaissent également en Belgique. VIAS, l'Institut flamand pour la sécurité routière, a confirmé sept signalements à Gocar. La plupart proviennent de la partie francophone du pays et un de Flandre. « Il s'agit de cas avérés, déclare Stef Willems, porte-parole, et non d'inventions basées sur l'attention médiatique suscitée. De plus, tous les incidents ne nous sont pas signalés. Apparemment, un système obligatoire n'est pas encore totalement fiable.»
Pas infaillible
Chez D’Ieteren, l'importateur des marques du groupe Volkswagen, un incident impliquant une Audi a été révélé. Non pas par le biais de leur propre réseau de concessionnaires, mais par un reportage de RTL. « Nous avons rarement été confrontés à ce problème jusqu'à présent, déclare Jean-Marc Ponteville, porte-parole, mais on ne peut jamais l'exclure complètement. Aucune technologie n'est totalement infaillible.»
Le risque est donc faible pour l'instant, mais comment éviter les freinages fantômes et que faire en cas de problème ? « Rester vigilant, mais surtout, par mesure de précaution, maintenir une distance de sécurité avec le véhicule qui précède. Il peut arriver que le véhicule freine brusquement », prévient Willems. Ponteville souligne que le conducteur ne perd jamais le contrôle. Ces systèmes de sécurité sont des assistants. Si le conducteur appuie sur l'accélérateur, ils reprennent le contrôle et le frein de secours est désactivé.
Le soleil est-il responsable ?
Willems souligne également qu'il pourrait y avoir un lien avec le fort ensoleillement des mois d'été. Techniquement, c'est une explication plausible. Les systèmes avec une caméra, conçus par Tesla, par exemple, sont sensibles aux ombres et aux reflets. Une canette de Coca-Cola abandonnée peut soudainement prendre les proportions imaginaires du véhicule qui précède, entraînant des réactions de freinage désastreuses.
Le meilleur capteur, mais aussi le plus cher et le plus rare, est le lidar. Il crée un nuage de points 3D de son environnement et est utilisé dans des véhicules comme le Volvo EX90. Tesla a d'ailleurs été la première marque automobile à être associée aux freinages fantômes. Sur la base d'une expertise réalisée sur une Model 3, un tribunal allemand a officiellement confirmé l'existence de ce problème l'année dernière.
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