Bien que la sécurité routière reste une préoccupation sur le Vieux Continent – avec un objectif de zéro mort en 2050 –, plusieurs pays européens assouplissent les limitations de vitesse sur les autoroutes. À partir de juin 2025, la République tchèque testera une vitesse maximale de 150 km/h sur certains tronçons rectilignes et récents de ses autoroutes D1, D3 et D11. Cette phase pilote vise à évaluer les effets de cette mesure sur la sécurité du point de vue de la fluidité et de l’acceptation par les conducteurs.
L’Italie a déjà adopté une mesure similaire en 2023 : sur certaines autoroutes à trois voies, la vitesse peut aussi atteindre 150 km/h, mais à condition que la chaussée et la signalisation soient compatibles. Un système dynamique permet d’ailleurs d’adapter la limite en fonction des conditions météorologiques et du trafic.
Par ailleurs, les Pays-Bas ont assoupli partiellement une mesure introduite en 2020 durant la crise sanitaire. Pour réduire les émissions de CO2, la vitesse avait été abaissée à 100 km/h en journée sur les autoroutes du pays. Mais désormais, plusieurs tronçons sont à nouveau limités à 130 km/h, une décision motivée par des considérations pratiques liées au trafic et à la satisfaction des usagers.
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Des réalités contrastées
En Allemagne, où certains tronçons d’autoroute sont sans limitation (mais il y en a de moins en moins), le débat est toujours animé. Des partis et associations réclament une uniformisation à 130 km/h pour des raisons écologiques et sécuritaires alors que d’autres défendent une liberté de rouler à la vitesse de son choix lorsque les conditions de sécurité sont réunies. Et en Autriche, le débat est remis sur la table à l’occasion des proches élections qui auront lieu prochainement.
Ces évolutions témoignent de choix nationaux différenciés et qui, avouons-le, sont souvent liés à l’état des infrastructures, aux priorités politiques et aux attentes des conducteurs. Il ne s’agit pas d’une politique uniforme à l’échelle européenne, mais d’une tendance fragmentée et parfois expérimentale.
Et en Belgique ?
En Belgique, la vitesse maximale sur autoroute est fixée à 120 km/h et aucune mesure d’augmentation n’est officiellement à l’ordre du jour. Si le sujet a été évoqué ponctuellement, notamment en 2017 lors d’un débat sur le passage à 130 km/h, les gouvernements régionaux y sont restés opposés, arguant de la densité du trafic, du nombre élevé d’échangeurs et... de la vétusté de certaines portions du réseau.
Le réseau autoroutier belge, l’un des plus denses d’Europe, a connu une forte expansion depuis les années 1970, mais plusieurs tronçons présentent aujourd’hui des dégradations notables. Selon VIAS, augmenter la vitesse pourrait accroître les risques.
Par ailleurs, la Belgique affiche une proportion relativement élevée d’accidents mortels sur autoroute : environ 16% des décès de la route y sont enregistrés, selon les dernières données disponibles. Une hausse de la vitesse pourrait renforcer cette statistique. Mais il ne faut pas se voiler la face : le problème de la Belgique, c’est surtout la qualité de l’infrastructure qui est plus que pitoyable en de nombreux endroits. On sait que les travaux et les budgets à consacrer aux rénovations sont colossaux.
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