Tout est rentré au chausse-pied avant les congés parlementaires : la Wallonie s’est dotée d’un plan autour de la sécurité routière. Au total, 7.000 km de routes régionales wallonnes vont être passés au crible. Le gouvernement wallon vient de valider un plan porté par le ministre de la Mobilité, François Desquesnes (Les Engagés), et qui remet la question des limitations de vitesse sur la table.
Cela dit, il n’est toutefois pas question pour autant de basculer d'un coup vers un régime plus strict partout. Le ministre a évoqué dans la presse une révision méthodique, zone par zone, pour corriger les incohérences accumulées au fil des décennies. Par ailleurs, François Desquesnes évitera aussi les changements de vitesse en accordéon qui n'ont aucun sens pour l'automobiliste. C’est déjà une bonne nouvelle.
La méthode sera d'abord testée avant d'être généralisée. Un projet pilote a été mené dans la zone de police Famenne-Ardenne, dont la phase d'analyse est aujourd'hui terminée. Le reste du réseau régional wallon devra être passé en revue d'ici l'été 2028, carrefour par carrefour et panneau par panneau. Un travail de titan.
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Neuf ans déjà
En Flandre, le débat est tranché depuis le 1er janvier 2017. La limite par défaut hors agglomération est passée de 90 à 70 km/h. Certains tronçons roulaient déjà à 70 grâce à un panneau dérogatoire. Ce panneau devenu inutile, il a été retiré, comme des dizaines de milliers d'autres.
VIAS a depuis mené l’enquête et a voulu savoir si les conducteurs allaient accélérer sans ce rappel visuel. Neuf ans plus tard, on constate que ce n’est pas le cas. Ni la vitesse ni les accidents n'ont augmenté sur ces tronçons. Ils ont même reculé de 7,7 % après correction statistique. Le panneau n'était pas ce qui retenait les conducteurs, la limite suffisait. C'est ce précédent que suit, en creux, la logique wallonne.
Le fossé subsiste
Mais la Wallonie fera-t-elle exactement comme la Flandre qui a choisi l'abaissement généralisé ? Probablement pas. Le Sud du pays mise plutôt sur une correction au cas par cas, sans toucher au plafond de 90 km/h à ce stade qui peut être justifié avec une densité d’habitats moindre, mais aussi des distances souvent plus longues à parcourir pour les automobilistes.
Le reste du plan
Le volet vitesse n'est qu'une partie du dispositif. La deuxième mesure vise les vitesses dynamiques sur le modèle de ce qui existe déjà dans le tunnel de Cointe (Liège). Des essais démarreront dès la fin de l'année sur des chantiers routiers où la limitation pourra varier selon la présence effective des ouvriers, l'heure ou la phase des travaux.
La sécurisation des passages piétons fait l'objet d'une troisième action. Leur accessibilité et leur conformité seront évaluées systématiquement avec des outils techniques fournis aux communes pour vérifier leur état. Autour des chantiers, la sécurité des piétons et cyclistes fait l'objet d'un chantier à part entière. Les recommandations imposées aux gestionnaires de voirie seront révisées et des formations en ligne organisées. Desquesnes veut aussi serrer la vis aux gestionnaires de réseaux d'eau, de gaz, d'électricité ou de télécoms qui coordonnent mal leurs interventions. Plus un chantier traîne, plus il devient dangereux. Des sanctions plus claires viseront ceux qui ne respectent pas leurs obligations de coordination. Les trajets scolaires bénéficieront d'un accompagnement pédagogique pour les communes qui veulent mettre en place un plan de sécurité routière autour des écoles.
Sur le terrain, la Wallonie poursuivra l'installation de 150 radars par an en s'appuyant sur la cartographie des zones accidentogènes déjà disponible sur le site de l'AWSR. Les communes pourront s'en servir pour réclamer un lidar ou identifier de futurs emplacements. Condition posée par le ministre : avoir préalablement identifié la zone à risque avant toute demande.
Les campagnes de sensibilisation cibleront les trois grands facteurs de risque que sont la vitesse excessive, la conduite sous influence et la distraction au volant. Les contrôles routiers seront mieux communiqués, avant et après les opérations. Les zones de police seront encouragées à annoncer certaines actions et à publier leurs résultats, l'AWSR faisant de même à son échelle. Les entreprises seront également responsabilisées, avec une intégration plus poussée de la sécurité routière dans les « car policies » liées aux véhicules de société.
Le calendrier reste échelonné selon les mesures. Les essais de vitesses dynamiques sur chantiers démarrent dès la fin de cette année. Le réexamen complet des 7.000 km de routes régionales, lui, doit être bouclé pour l'été 2028. Pour le reste, pas de date butoir globale.
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