La Suisse envisage un péage routier en plus de la vignette autoroutière !

Traverser la Suisse en voiture pourrait bientôt devenir plus coûteux pour les automobilistes. Car les autorités suisses s’apprêtent à ajouter un péage en plus de la vignette aux conducteurs étrangers qui traversent le pays. Sérieusement ?

Publié le 21 juillet 2025
Temps de lecture : 4 min

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La Suisse envisage un péage routier en plus de la vignette autoroutière !

Voyager coûte bien évidemment de l’argent. Et les budgets ne sont pas anodins, car même si les prix des carburants sont actuellement un peu plus bas qu’il y a quelques mois, il faut encore ajouter les péages autoroutiers, ce qui coûte souvent plusieurs centaines d’euros pour un trajet.

Pour ceux qui se déplacent vers l’Allemagne, l’Italie ou certains pays de l’Est comme la Croatie, il faut souvent s’acquitter de la vignette suisse qui revient à 40 francs (soit environ 43 euros), une pastille obligatoire pour utiliser les autoroutes et qui n’est valable qu’un an. En réalité, elle est toutefois valable 14 mois, car il y a un battement lors du changement de millésime.

Mais en Suisse, certains politiciens plaident aujourd’hui pour augmenter les revenus issus de l’utilisation des routes et surtout de la part des conducteurs étrangers en transit. Il est question d’une taxe supplémentaire avec des tarifs dynamiques pour inciter les voyageurs à emprunter les autoroutes pendant les périodes de moindre affluence. Cela signifie donc qu’on pourrait donc bientôt payer deux fois pour profiter des autoroutes suisses.

Une proposition portée par cinq partis

Pas moins de cinq partis politiques ont déposé cette proposition au parlement helvète. Selon la proposition, les plaques d’immatriculation seraient enregistrées au passage de la frontière des véhicules et une facture ne serait envoyée que si le passage s’effectue « sans séjour substantiel ».

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L’objectif est d’encourager les voyageurs à passer plus de temps dans le pays. Mais la durée minimale du séjour n’est jusqu’ici pas précisée. On suppose qu’il s’agit d’entrées et de sorties à des dates différentes et qui comptent donc au moins une nuit. La logique voudrait que les Suisses comptabilisent un délai un peu plus long que celui estimé pour traverser le pays, même si on rencontre des embouteillages. Comme explicité plus haut, le montant du péage serait aussi fonction du moment de la journée. Ainsi, les prix seront plus chers en période de vacances ou de forte affluence.

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Des goulots d’étranglement connus

Pourtant, la Suisse est connue pour ses nombreux embouteillages et particulièrement à certains points stratégiques dans certaines régions. C’est le cas notamment des tunnels du Gothard et du San Bernardino – tous deux placés sur la route vers Milan – où on observe de longues files qui génèrent des nuisances sonores et de la pollution.

La situation est d’ailleurs similaire à celle de l’Autriche, qui par sa position centrale, voit aussi le passage de nombreux automobilistes en transit vers le nord vers le sud de l’Europe. Un désaccord qui ne date pas d’hier oppose d’ailleurs les gouvernements autrichien et bavarois (Allemagne) à propos de mesures restrictives similaires à ce sujet.

Des tunnels « gratuits » ?

La Suisse a déjà envisagé par le passé un péage supplémentaire, mais cela concernait uniquement des taxes pour l’usage des tunnels. Contrairement à l’Autriche, l’Italie ou la France, il n’est d’ailleurs pas nécessaire jusqu’à aujourd’hui d’utiliser sa carte bancaire pour y accéder. La vignette suffit. Mais ces projets n’ont jamais vu le jour, car les habitants du canton du Tessin en auraient aussi fait les frais. Ces derniers dépendent en effet fortement du réseau de tunnels, surtout en hiver lorsque les cols sont impraticables.

Si elle fait son bonhomme de chemin, cette taxe supplémentaire devra quoi qu’il en soit passer par la case de l’examen juridique. Car il existe entre la Suisse et l’Union européenne des accords sur la circulation routière internationale, et les coûts et divers péages font l’objet de consensus. La question est donc de savoir si ce nouveau péage visant le transit sera compatible avec ces conventions. Son examen ne sera donc pas que national.

Les partis ayant présenté la proposition de loi restent en tout cas convaincus que ces aspects ne constitueront pas des freins. Ils mettent en avant leur obligation légale de « protéger la région alpine contre les effets négatifs du trafic de transit et de limiter la pollution à un niveau inoffensif pour l’homme, les animaux, les plantes et l’environnement », selon les termes de la proposition de loi. Il est donc possible à terme qu’un voyage vers le sud coûte encore un peu plus cher. Ça va donc toujours dans le même sens, forcément...

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Par Hans Dierckx Rédacteur automobile

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