La voiture électrique gagne du terrain, mais derrière cette croissance se dessine une nouvelle défaillance potentielle. Ce n’est pas la capacité de production des constructeurs qui inquiète, mais bien la disponibilité des points de recharge, qui pourrait devenir le maillon faible dans les années à venir. De nouvelles données d’opérateurs et d’instituts de recherche montrent que le marché s’électrifie plus vite que l’infrastructure ne peut évoluer.
Moins d’espace pour recharger
C’est notamment la conclusion de ChargePoint, l’un des plus grands opérateurs de recharge en Amérique du Nord et en Europe. Le nombre de sessions de recharge sur ses bornes a augmenté de 34 % l’an dernier, soit bien plus rapidement que l’expansion du réseau lui-même.
Même si 190.000 nouveaux points de charge ont été ajoutés à la plateforme, le taux d’occupation a progressé encore plus fortement. En clair : de plus en plus d’utilisateurs se retrouvent à la borne, et l’accès à la recharge devient plus tendu.
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Si cette tendance se confirme, un goulet d’étranglement deviendra inévitable, selon l’entreprise. Et il pourrait freiner sérieusement l’adoption mondiale des voitures électriques. En Europe aussi, l’alerte a déjà été lancée. L’Union européenne vise trois millions de bornes d’ici la fin de la décennie. Or, le compteur affiche actuellement environ 1,2 million d’unités : un net coup d’accélérateur sera nécessaire.
Le tableau est toutefois nuancé par les chiffres récents de Benchmark Mineral Intelligence (BMI). Là où ChargePoint analyse l’ensemble de l’année écoulée, l’institut britannique observe les tendances les plus récentes. En janvier 2026, les immatriculations mondiales de voitures 100 % électriques et hybrides rechargeables ont reculé de 3 % sur un an, à un peu moins de 1,2 million d’unités. Cette baisse s’explique surtout par un ralentissement en Chine et en Amérique du Nord.
L’Europe à contre-courant
La dynamique est claire. En Chine, les immatriculations ont chuté d’environ 20 % à moins de 600.000 véhicules — le plus faible volume mensuel depuis près de deux ans — après des ajustements dans les incitations fiscales.
En Amérique du Nord, où les aides publiques ont également été supprimées, le marché s’est contracté d’environ un tiers pour tomber à un peu plus de 85.000 voitures. Les États-Unis ont même enregistré leur plus faible volume mensuel depuis début 2022.
Le marché mondial des EV évolue donc plus que jamais à des rythmes différents. Tandis que la Chine marque temporairement le pas et que les États-Unis se réajustent, d’autres régions accélèrent. Des pays comme la Thaïlande, la Corée du Sud et le Brésil affichent de fortes hausses.
L’Europe s’inscrit dans cette dynamique. En janvier, les immatriculations ont progressé de 24 % pour dépasser 320.000 unités. Sur l’ensemble de 2025, le marché européen de l’électrique a crû d’environ 33 % par rapport à 2024. Pour 2026, BMI table encore sur une croissance supplémentaire de 14 %.
Il faut toutefois noter que la part des exportations chinoises augmente : en 2025, près d’une voiture électrique vendue sur cinq en Europe était produite en Chine.
La Belgique parmi les meilleurs élèves
On sait que la Belgique se distingue positivement, notamment grâce à la fiscalité favorable des voitures de société, revenue récemment au cœur du débat politique. Notre pays figure ainsi dans le peloton de tête européen.
En 2025, 145.170 voitures électriques ont été immatriculées en Belgique, soit une part de marché de 35 %. Fin de l’année, le parc comptait environ 450.000 véhicules électriques, représentant 7 à 8 % du total.
Côté infrastructure, la Belgique affiche également de solides performances. En 2025, on recensait plus de 106.000 points de recharge publics et semi-publics, en hausse de 23 % sur un an. Le nombre de bornes rapides en courant continu (plus de 150 kW) a particulièrement progressé. La Wallonie et Bruxelles ont comblé une partie de leur retard sur la Flandre, historiquement en avance.
Mais le risque existe aussi chez nous. Les estimations indiquent qu’il faudrait encore tripler le nombre de bornes pour répondre à la demande future. Si le parc électrique continue de croître plus vite que le réseau de recharge, la pression aux heures de pointe pourrait s’intensifier.
Sommes-nous en train de passer de l’angoisse de l’autonomie… au stress de recharge ?
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