Le vent tourne pour les automobilistes belges. La tolérance autrefois appliquée aux radars – cette petite marge qui évitait de sanctionner un léger dépassement de vitesse – est occupée à disparaître partout dans le pays. En Flandre, les autorités ont considérablement augmenté le nombre de radars tronçons et de dispositifs fixes, tandis qu’à Bruxelles, le ministre Alain Maron annonçait encore en 2024 l’installation de plusieurs dizaines de nouveaux appareils de contrôle. Le mot d’ordre est clair : chaque kilomètre-heure au-dessus de la limite va désormais compter. Et coûter cher.
La Wallonie s’aligne désormais sur cette logique de tolérance zéro. Le plan « Slow Down », lancé en 2023 par l’ancienne ministre de la Mobilité, Valérie De Bue (MR) et poursuivit par l’actuel ministre aux commandes, François Desquesnes (Les Engagés), entre dans une phase d’accélération. D’ici la fin 2025, ce sont 152 radars wallons qui ont basculé vers un fonctionnement sans marge de tolérance.
Une montée en puissance jusqu’en 2026
Ce changement se déroule en plusieurs étapes. En novembre 2024, ce sont 11 radars qui sont passés en tolérance zéro, suivis de 25 autres entre novembre 2024 et mars 2025. La phase 3, en cours, prévoit l’ajout de 116 nouveaux dispositifs d’ici début 2026. Si tout se déroule comme prévu, un tiers des radars wallons hors autoroutes fonctionneront alors sans aucune marge de tolérance.
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Cette évolution semble rendue possible par une meilleure organisation de la chaîne pénale. Les services de police, les parquets et les tribunaux se réunissent régulièrement pour s’assurer qu’ils peuvent absorber l’augmentation du nombre de procès-verbaux, selon des sources judiciaires citées par SudInfo. Car, évidemment, la suppression des marges entraîne mécaniquement une explosion des constats d’infraction... et des amendes.
Zones accidentogènes
Pour éviter un effet de saturation, chaque arrondissement judiciaire wallon a été invité à dresser une liste des zones les plus accidentogènes à traiter en priorité. L’idée : concentrer les radars les plus sévères là où les situations ou les comportements dangereux sont les plus fréquents.
Mais cette uniformité n’est pas parfaite. En effet, il faut rappeler que certains parquets résistent. C’est notamment le cas de celui de Namur qui est en désaccord avec les mesures d’austérité imposées par le gouvernement dit « Arizona ». En mai, Namur a fait savoir qu’il suspendait sa participation au plan Slow Down. Les radars de l’arrondissement restent donc tolérants en tous cas pour le moment. Cette exception souligne les tensions qui traversent la justice de terrain. La justice est en effet prise en étau dans deux injonctions contradictoires : sécurité, mais moyens réduits. Mais ce n’est qu’un sursis et, pour les automobilistes, l’ère du petit dépassement toléré et tolérable touche à sa fin...
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