FSD et Autopilot : comment des gadgets à quelques euros mettent à l’épreuve la surveillance de Tesla

Quelques dizaines d’euros suffisent pour mettre à l’épreuve l’un des principaux dispositifs de sécurité des Tesla. En Chine, certains conducteurs utilisent en effet de petites têtes en plastique pour tromper la caméra qui surveille leur attention lorsque l’Autopilot ou le FSD sont activés. Avec quelles conséquences ?

Publié le 24 juin 2026
Temps de lecture : 4 min

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FSD et Autopilot : comment des gadgets à quelques euros mettent à l’épreuve la surveillance de Tesla

Selon une enquête du média américain Wired, plusieurs vendeurs présents sur les plateformes chinoises Taobao et Xianyu commercialisent de petites têtes en plastique destinées aux propriétaires de Tesla. Vendus entre 10 et 40 dollars, ces accessoires sont conçus pour être placés devant la caméra intérieure qui surveille l’attention du conducteur lorsque l’Autopilot ou le Full Self-Driving (FSD) sont activés.

On devine le principe : la caméra située au-dessus du rétroviseur intérieur détecte si le conducteur regarde la route. Mais en plaçant un faux visage dans son champ de vision, certains utilisateurs veulent convaincre le système qu’ils restent attentifs alors que ce n’est pas nécessairement le cas. D’après plusieurs témoignages relayés par Wired, la méthode fonctionnerait suffisamment bien pour éviter certaines alertes du système. Et pour amuser la galerie, certains modèles reproduisent même les traits de célébrités, tandis que d’autres affichent des visages plus génériques. 

Pourquoi Tesla surveille le conducteur

Contrairement à une idée largement répandue, ni l’Autopilot ni le Full Self-Driving ne permettent aujourd’hui de se passer du conducteur. Malgré son nom, le FSD reste classé au niveau 2 de l’échelle d’automatisation SAE. À ce niveau, le véhicule peut prendre en charge certaines tâches de conduite, mais le conducteur doit rester attentif et prêt à intervenir à tout moment. Il n’y a donc pas de délégation de la conduite.

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Pour cette raison – et pour se protéger –,Tesla a progressivement renforcé ses systèmes de surveillance embarqués. La caméra intérieure complète les contrôles effectués par le véhicule (impulsion au volant de temps à autre, etc.) afin de vérifier que la personne au volant garde les yeux sur la route.

D Composites : X
© D Composites / X

Notons que cette approche est loin d’être propre à Tesla. De plus en plus de constructeurs intègrent désormais des dispositifs similaires, notamment sous l’impulsion des nouvelles exigences de sécurité déployées en Europe. 

Illusions d’optique

Mais ces fameuses petites têtes en plastique ne constituent d’ailleurs qu’une partie du phénomène. Toujours selon Wired, certains conducteurs utilisent de simples photographies pour tromper la caméra, voire des images spécialement conçues pour donner une impression de relief à la caméra. Et les méthodes les plus élaborées reposeraient même sur de petits écrans diffusant une vidéo du conducteur regardant la route et clignant des yeux.

Ces tentatives montrent à quel point la surveillance du conducteur est devenue un enjeu majeur pour les constructeurs. Détecter un manque d’attention est déjà complexe, mais détecter une tentative délibérée de tromper le système l’est encore davantage. Tesla interdit pourtant explicitement toute obstruction ou manipulation de la caméra intérieure. Le constructeur peut d’ailleurs limiter ou désactiver certaines fonctions d’assistance lorsqu’il estime que les conditions de sécurité ne sont plus respectées.

tesla

Au-delà de ce cas Tesla, cette affaire illustre surtout un défi auquel l’ensemble du secteur est confronté. Les systèmes d’aide à la conduite progressent rapidement, mais ils reposent encore sur un principe fondamental : le conducteur doit rester le dernier filet de sécurité. Or, plus les technologies deviennent sophistiquées, plus certains utilisateurs cherchent à contourner les garde-fous qui les accompagnent. Cette affaire dévoile un vrai paradoxe : les constructeurs investissent des milliards dans l’intelligence artificielle, mais quelques grammes de plastique suffisent à mettre leurs systèmes à l’épreuve. La question est de savoir si ces têtes de plastiques arriveront aussi en Belgique maintenant que la fonction FSD de Tesla est aussi autorisée sur les routes de Flandre, bruxelloises et de Wallonie.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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