Les rumeurs étaient donc fondées. La Commission européenne a accordé sa première dérogation aux droits punitifs visant les voitures électriques chinoises à un modèle du groupe Volkswagen : la Cupra Tavascan électrique, assemblée à Anhui, en Chine.
Un tarif total de 30,7 %
Ce modèle, produit exclusivement en Chine, n’est plus soumis à la surtaxe additionnelle précédemment imposée par Bruxelles à Cupra. À la place, un prix minimum à l’importation, accompagné d’un plafond de volumes, entre en vigueur. Une première. C’est la première fois qu’un tel mécanisme est approuvé. La décision a été officiellement publiée la semaine dernière.
La Tavascan n’était jusqu’ici pas épargnée. Depuis 2024, elle supportait, en plus du droit de douane standard de 10 %, une surtaxe de 20,7 %, soit un total de 30,7 %. Cette mesure s’inscrivait dans une action plus large de l’Union européenne contre les subventions publiques jugées déloyales accordées aux constructeurs produisant en Chine, dont Volkswagen Anhui, la coentreprise chinoise du groupe allemand.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Pas de chiffres précis
Mais à la fin de l’année dernière, l’entité a vu une opportunité d’échapper à cette surtaxe. Sa proposition incluait l’engagement de respecter un prix minimum à l’importation ainsi qu’une limitation annuelle des volumes introduits en Europe. Après plusieurs mois de discussions, Bruxelles a finalement accepté cette offre.
Les chiffres exacts de l’accord ne sont pas rendus publics. Il est toutefois certain que l’importateur devra respecter des règles de reporting strictes. Chaque véhicule devra être entièrement traçable via des documents officiels et un système de contrôle de la Commission. De plus, une structure d’importation spécifique devra être utilisée pour organiser la commercialisation en Europe.
À noter que le prix minimum de la Tavascan est calculé sur la base d’un modèle européen comparable de Volkswagen (probablement l’ID.5, avec lequel la Tavascan partage sa base technique). Il ne s’agit pas d’en faire une pratique courante. Simplement, durant la période d’enquête européenne anti-subventions, la Tavascan n’était pas encore en production, ce qui a nécessité l’utilisation d’une référence alternative pour déterminer un prix conforme au marché.
Forte baisse des bénéfices
Pour Cupra, la décision intervient à un moment crucial. Les finances de la marque ne sont pas au mieux. Au cours des neuf premiers mois de 2025, le bénéfice opérationnel de la division Seat-Cupra a chuté de 96 %. La Tavascan constitue un modèle stratégique pour la jeune marque sportive, qui vise un positionnement plus haut de gamme. Affichée entre environ 60 000 et 78 000 euros, elle est la plus chère du catalogue et représentait l’an dernier environ 11 % des livraisons totales.
Grâce au nouveau dispositif, son prix pourrait devenir plus attractif. Conditionnel toutefois, car il reste flou dans quelle mesure les constructeurs absorbent eux-mêmes les droits punitifs ou les répercutent – totalement ou partiellement – sur le client. Chez Cupra, la seconde hypothèse semble plausible, surtout lorsque l’on compare avec son modèle donneur, la Volkswagen ID.5, facturée entre 44 000 et 63 000 euros.
Il est presque certain que cet accord fera jurisprudence. D’autres marques chinoises ou produisant en Chine (comme BMW avec la Mini électrique, Mazda avec sa 6e ou encore Smart) analyseront de près ce cas afin d’évaluer les avantages financiers possibles. Si plusieurs fabricants soumettent des engagements similaires sur les prix, la politique commerciale européenne vis-à-vis des voitures électriques chinoises pourrait évoluer, reléguant progressivement les droits punitifs à un rôle secondaire.
DTiGjJwjyGv
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be