Tesla frappe à nouveau un grand coup. Pas avec une nouvelle voiture ou une nouvelle technologie, mais avec un projet de rémunération aussi spectaculaire que délirant. Si le plan est validé, Elon Musk pourrait en effet toucher jusqu’à 1.000 milliards de dollars sur dix ans. Cette somme astronomique ne serait toutefois pas versée en salaire, mais sous forme d’actions, à condition que l’entreprise atteigne des performances hors normes : une valorisation boursière de 8.500 milliards de dollars, soit plus du double de celle du spécialiste des puces électroniques, Nvidia, actuel leader mondial.
Actuellement, la valorisation de Tesla tourne autour des 1.050 milliards de dollars et elle a connu un plus haut à 1.540 milliards de dollars par le passé. Il va sans dire que pour espérer décrocher l’intégralité du pactole, le patron devra transformer radicalement son entreprise en la menant bien au-delà de son statut de constructeur automobile.
Pas que des automobiles
Le plan est déjà connu dans ses détails. Il est structuré en douze paliers et prévoit qu’à chaque objectif franchi, Musk obtienne environ 1% du capital de Tesla, avec un plafond fixé à 423 millions d’actions. Parmi les conditions fixées : vendre 12 millions de véhicules en dix ans (1,8 million en 2024), déployer un million de robotaxis, écouler un million de robots Optimus, et, surtout, atteindre 400 milliards de dollars de bénéfices annuels ajustés, soit 24 fois plus qu’aujourd’hui.
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Le projet souligne l’ambition de Musk de positionner Tesla comme un acteur central de la robotique et de l’intelligence artificielle. « Retenir et motiver Elon est fondamental pour que Tesla devienne l’entreprise la plus valorisée de l’histoire », a expliqué Robyn Denholm, Présidente du Conseil d’administration, dans une lettre aux investisseurs.
Une prise de pouvoir conditionnelle
Ce plan ne se limite pas à la rémunération : il permettrait à Elon Musk de renforcer son contrôle sur Tesla, en portant sa participation à 25% du capital. Un objectif que le milliardaire a lui-même affiché, menaçant de lancer ses projets IA et robotiques en dehors de Tesla s’il n’obtient pas une part suffisante de pouvoir. Le bras de fer est costaud.
En parallèle, Tesla propose aux actionnaires une prise de participation directe dans xAI, la start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle fondée par Elon Musk. On constate donc que ce dernier multiplie les initiatives hors automobile avec SpaceX, Neuralink ou encore X (ex-Twitter), mais promet désormais de se recentrer sur Tesla, après une parenthèse politique pour le moins remarquée aux côtés de Donald Trump.
Entre batailles judiciaires et soutien du marché
Ce n’est pas la première fois que la rémunération d’Elon Musk fait débat. Un précédent plan de 2018, évalué à 56 milliards de dollars, avait été validé par les actionnaires avant d’être annulé en justice début 2024, en raison d’informations jugées trompeuses lors du vote.
Depuis, Tesla a tenté de contourner l’obstacle en accordant en août 96 millions d’actions, représentant 29 milliards de dollars, avec une simple obligation de détention de cinq ans. Ce nouveau mégaplan vise donc à tourner la page judiciaire tout en assurant la fidélité du dirigeant. La Bourse a semblé réagir positivement à l’annonce, avec un gain de +3,2% du titre Tesla dans les premières heures suivant la révélation du plan. Interrogés par la presse, certains analystes y voient un mouvement intelligent de la part de Tesla, dont le principal actif est finalement Elon Musk.
À 54 ans, Elon Musk doit aussi penser à sa succession. Et le Conseil d’administration souhaite inclure cette dimension dans l’accord. La prochaine étape ? Un vote des actionnaires attendu cet automne, qui dira si Tesla valide ce pari de science-fiction à un prix astronomique.
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