Le dernier constructeur belge de véhicules électriques met la clé sous la porte

La révolution électrique dans le secteur automobile attire partout des entreprises, séduites par la perspective d'une mobilité durable et de nouvelles opportunités de marché. Cependant, la réalité est souvent impitoyable. Addax Motors, le dernier constructeur belge de véhicules électriques, en a fait l'expérience. Le rideau vient de tomber.

Publié le 3 juin 2025
Temps de lecture : 4 min

Partagez

Le dernier constructeur belge de véhicules électriques met la clé sous la porte

Ce qui sonnait il y a dix ans comme le pari audacieux d'une famille d'entrepreneurs de Flandre occidentale est sur le point de se terminer dans le plus grand silence : Addax Motors, le seul fabricant belge de véhicules électriques encore en activité, a déposé son bilan. Pour ceux qui ont suivi l'entreprise de près, la nouvelle n'est pas une surprise totale. Elle n'en reste pas moins déchirante, car Addax a longtemps été un symbole de ce que l'industrie belge pouvait signifier dans le monde de l'e-mobilité : à petite échelle, ancrée localement et née avec beaucoup d'idéalisme.

Addax n'est pas très connue du grand public, principalement parce qu'elle s'est concentrée sur la catégorie des petites camionnettes. Les entrepreneurs à l'origine de la société espéraient tirer parti de la croissance du marché des colis et de l'essor des petits utilitaires électriques dans les zones à faibles émissions. Typiquement, ce qu'on appelle la livraison sur le dernier kilomètre (ou mile). La famille Carrette, qui s'était déjà illustrée avec la société de leasing Westlease (aujourd'hui détenue par le groupe néerlandais Van Mossel), était à l'origine de la création de l'entreprise. 

Addax_Motors-groendienst

Adaptable aux besoins des clients

Leur plan ? Au lieu de lancer une énième voiture électrique générique, ils ont délibérément visé le créneau des véhicules compacts destinée à la logistique urbaine et les travaux communaux. Ils étaient sans émissions, silencieux et facilement adaptables aux besoins des clients. Au cours des premières années, l'entreprise a encore travaillé avec des modèles importés, mais à partir de 2019, tout est sorti de la chaîne de production à Deerlijk.

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Le modèle, l'Addax MTN (et la version longue MTX), n'était certes pas une icône de design, mais une vraie bête de somme. La camionnette électrique avait une vitesse modeste (maximum 70 km/h) et une autonomie qui variait entre 70 et 120 km, en fonction de la configuration. Ce qui le rendait unique, c'était sa modularité : les clients pouvaient choisir entre une carrosserie fermée, une construction ouverte, une benne ou même un fourgon frigorifique. Idéal pour une commune qui souhaitait électrifier ses services verts ou pour une chaîne de supermarchés qui voulait des livraisons écologiques dans le centre-ville. Il semble que cela ait également fonctionné. Addax a en effet vendu des centaines d'unités à DPD, Delhaize, Albert Heijn et à plusieurs villes européennes, entre autres.

Cependant, la situation n’était pas au beau fixe. Malgré un chiffre d'affaires de 12,6 millions d'euros en 2023, la société restait déficitaire, avec une perte nette de 4,9 millions d'euros. Plusieurs levées de fonds, dont une dernière à la fin de l'année dernière (de 1,7 million d'euros), n'ont pas permis de redresser la barre. Un nouveau CEO a bien tenté de redresser la barre en début d'année, avec des projets de nouveau modèle et d'augmentation de la production, mais les fondations sont trop fragiles. Les fournisseurs sont restés impayés et les caisses ont rapidement été vides, à cause de coûts incorrectement capitalisés.

Addax-kipper

Une liste de plus en plus mince

Avec Addax, c'est un autre nom belge qui disparaît de la liste de plus en plus courte des start-ups à ancrage local et spécialisées dans la mobilité électrique. D'autres projets comme Ecar, basé à Bruxelles, qui voulait construire une voiture urbaine électrique avec la 333, ont déjà fini leur histoire en silence. Les fleurons wallons qu’étaient Imperia, une marque de voitures de sport électriques, et Green Propulsion, la société liégeoise qui a électrifié des bus et des camions, ont également disparu de la scène après des années de difficultés techniques et de problèmes de financement. 

Pour l'instant, la Belgique manque donc d'une success story dans ce secteur, d'autant plus que la « fenêtre d'opportunité » européenne pour les nouvelles marques se referme progressivement et que les concurrents chinois, qui bénéficient d'économies d'échelle, d'un accès direct à la technologie des batteries bon marché et d'un soutien gouvernemental désormais avéré, prennent l'avantage.

Reste à savoir si quelqu'un sera intéressé par le redémarrage d'Addax, de sa technologie ou de son savoir-faire. Pour l'heure, le projet risque de finir comme l'antilope africaine qui lui a donné son nom : en voie de disparition et bientôt dans les livres d'histoire.

À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be

Par Piet Andries Rédacteur automobile

Partagez

Contenus sponsorisés

Gocar marketplace
Vous cherchez un véhicule neuf ou d'occasion ?
Hybride, électrique ou thermique ? Neuve ou d'occasion ? Spécialiste dans la recherche de véhicules neufs, d’occasions et sur toute l’actualité automobile.

Sur le même sujet

Toute l'actu de l'industrie automobile

Gocar newsletters
Gocar est la référence. Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité !
Abonnez-vous à notre newsletter Gocar pour rester au top de l’information et connaître tous les bons plans !
Votre inscription a bien été enregistrée.