Droits de douane américains de 15% sur l’automobile : oui, le consommateur européen va payer !

L’accord conclu entre Bruxelles et Washington réduit les droits de douane sur les voitures européennes exportées vers les États-Unis de 27,5 à 15%. C’est sans doute mieux que rien, mais pas de quoi apaiser les inquiétudes de l’industrie automobile, notamment en Allemagne où l’impact pourrait se chiffrer en milliards d’euros et en milliers d’emplois.

Publié le 28 juillet 2025
Temps de lecture : 4 min

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Droits de douane américains de 15% sur l’automobile : oui, le consommateur européen va payer !

L’industrie automobile européenne vient d’obtenir un soulagement : un accord conclu entre l’Union et les États-Unis ramène les droits de douane américains à 15% sur les véhicules importés d’Europe, contre 27,5% depuis avril. Cette mesure est saluée et qualifiée de « désescalade » par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), apporte une respiration dans un climat commercial tendu. En 2024, près de 750.000 véhicules européens avaient été exportés vers les États-Unis, soit 22% du total des exportations automobiles de l’Union. Les Américains restent donc de gros consommateurs.

La décision s’inscrit dans la continuité d’un accord similaire conclu avec le Japon la semaine dernière et il replace les constructeurs européens dans une position certes moins défavorable, mais toujours éloignée des 2,5% de droits de douane en vigueur avant le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Pour les analystes de Bank of America, la réaction modérée des marchés reflète une anticipation de cet accord, mais tout en laissant planer des doutes.

L’Allemagne exposée

Car la baisse des droits n’efface pas les conséquences économiques d’une politique douanière toujours restrictive. L’Allemagne, dont les États-Unis représentent le premier débouché hors Europe, est particulièrement concernée. La fédération allemande des constructeurs (VDA) estime que ces nouvelles taxes pourraient coûter « des milliards d’euros par an » aux entreprises du secteur. BMW, qui a exporté 153.000 voitures outre-Atlantique en 2024, et Mercedes devront probablement absorber une partie des coûts pour rester compétitifs, tout en répercutant une hausse des prix sur les consommateurs américains. Mais les Américains l’accepteront-ils ?

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Les marques haut de gamme du groupe Volkswagen – Audi et Porsche – sont également touchées faute de production locale. Le constructeur a d’ailleurs annoncé une perte de 1,3 milliard d’euros au premier semestre liée aux droits sur les véhicules fabriqués au Mexique. L’ensemble du secteur semble engagé dans une course à la révision stratégique de ses flux logistiques, d’une production plus localisée, mais aussi, il ne faut pas se le cacher, d’allègement des effectifs.

Des répercussions pour les consommateurs européens

Si l’accord semble viser un apaisement diplomatique, ses effets risquent d’être bien plus sévères pour le consommateur européen. L’économiste Bruno Colmant interrogé par L’Écho alerte sur un double impact à moyen terme : d’abord sur l’emploi, puisque la baisse des exportations entraînera une réduction de la production, donc à des suppressions de postes. Certaines entreprises pourraient aussi être incitées à délocaliser leur production (et ce sera le cas) vers les États-Unis où les droits de douane sont moindres. Là aussi, ce ne sera pas bon pour l’emploi européen.

Par ailleurs, les consommateurs verront à plus long terme les prix de l’énergie grimper. L’accord favorise une dépendance accrue aux importations de gaz et pétrole américains. Lorsque cette dépendance sera consolidée, les fournisseurs américains auront tout loisir d’augmenter leurs tarifs, renchérissant la facture énergétique des ménages. Ça vaudra probablement pour le gaz comme pour l’essence ou le Diesel (ce dernier est surtout importé depuis les USA). 

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Une réorganisation industrielle sans l’Europe ?

Dans sa version actuelle, l’accord ne comporte pas de clause réciproque pour les exportations américaines vers l’Europe, une asymétrie qui pourrait peser lourd sur l’emploi industriel européen. Les sites américains de BMW et Mercedes, eux, continueront d’expédier leurs SUV vers le Vieux Continent avec des droits de 10%. D’après l’expert allemand Ferdinand Dudenhöffer, cette situation pourrait entraîner jusqu’à 70.000 suppressions de postes en Allemagne, faute de mesures compensatoires. On comprend mal d’ailleurs comment Ursula von der Leyen a accepté de se coucher à ce point. Chercher l’apaisement est une chose, mais il est de son devoir de protéger l’intérêt des consommateurs européens.

Des voix s’élèvent donc pour réclamer une réciprocité. Le patron de BMW a suggéré de lever les barrières douanières pour les voitures produites aux États-Unis (mais elles sont tellement peu nombreuses qu’on se demande l’impact que ça aurait) tandis que Volkswagen plaide pour un accord ad hoc intégrant ses investissements sur le sol américain. L’accord doit encore préciser une série de détails. Mais plus que jamais, Trump va faire mal à l’Europe. Et cette dernière semble avoir bien des difficultés à se défendre...

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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