Il y a deux ans, la fête battait son plein chez BYD. Sur son marché domestique, la marque était parvenue à mettre à genoux le géant occidental VW. Une victoire qui symbolisait la maturité croissante des jeunes marques chinoises. Elle avait été largement célébrée et avait marqué le début de la chute des marques allemandes en tant que leaders. BMW, Mercedes et Porsche ont également subi des coups et cherchent aujourd’hui fébrilement des moyens de réparer l’impact sur leurs comptes.
Voir le trône vaciller
Mais ce succès aura été de courte durée. BYD, encore leader incontesté sur son marché national il y a à peine un an et demi, a vu ses ventes combinées en janvier et février 2026 chuter de 36 % par rapport à la même période un an plus tôt. Un coup révélateur. Dans le top 20 des modèles les plus vendus en janvier, on ne retrouve plus qu’un seul modèle BYD. On scie donc sérieusement les pieds du trône du roi fraîchement couronné.
Le problème de BYD est que des pirates sont apparus à l’horizon, sous pavillon national. Le Xiaomi YU7 (un SUV électrique de la marque jusqu’ici surtout connue pour ses smartphones abordables) s’est vendu à 37 869 exemplaires en janvier et a ainsi pris la première place en Chine.
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Xiaomi est rejoint par HIMA, la constellation de marques de Huawei composée de cinq constructeurs automobiles (certes en partenariat avec cinq fabricants traditionnels). La part de marché de ce groupe a augmenté de 65,5 % au début de l’année. Là encore, il s’agit d’un acteur technologique qui explore de nouveaux horizons sur le marché automobile avec une stratégie affûtée.
Prolongement de la vie numérique
Les chiffres de vente ne sont qu’un symptôme. Mais la véritable mutation est plus profonde : les acheteurs chinois, et surtout la jeune génération urbaine qui domine le marché, attendent aujourd’hui qu’une voiture fonctionne comme un prolongement de leur vie numérique. L’acheteur moyen du YU7 a 33 ans.
Ces clients veulent un cockpit qui ressemble à une tablette premium, des systèmes d’aide à la conduite qui renforcent leur expérience numérique, des mises à jour logicielles ultra-rapides over-the-air, une connexion fluide avec leur smartphone et leur écosystème domestique, et surtout l’image de marque adéquate qui incarne ces valeurs : Xiaomi et Huawei donc. Car ces acteurs pensent en cycles logiciels, pas en renouvellements de modèles tous les cinq ans.
AUDI : trop une marque automobile ?
Même la meilleure réponse allemande à la vague technologique jusqu’à présent se heurte à des difficultés. Alors que la toute nouvelle sous-marque AUDI avait pris un départ fulgurant l’an dernier (la E5 Sportback avait même remporté le China Car of the Year Award), la marque n’a vendu que 605 unités en janvier. Le Xiaomi YU7 s’est vendu plus de soixante fois plus.
Il semble que même AUDI sans anneaux soit trop associé à une… véritable marque automobile en Chine. De quoi se plaignaient les premiers acheteurs de la E5 Sportback ? D’un système d’infodivertissement plein de bugs et de systèmes d’aide à la conduite lents qui ne reprenaient pas suffisamment bien la conduite au conducteur.
Pour l’instant, c’est une histoire chinoise. Les acteurs technologiques occidentaux, comme Apple et Dyson, ont abandonné leurs projets automobiles, mais leur intérêt pourrait être ravivé car le plus grand marché automobile du monde reste le laboratoire de la voiture de demain.
Reste à voir si les goûts des consommateurs européens sont réellement différents. La réponse viendra peut-être lorsque Xiaomi arrivera dans nos showrooms l’an prochain. Huawei, de son côté, maintient pour l’instant le cap loin de l’Europe.
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