Les défis s’accumulent pour le secteur automobile ces dernières années. Depuis la crise de la Covid, le secteur est mise sous pression, car les autorités ont décidé d’accélérer la transition vers la voiture électrique. Or, ces dernières se vendent mal, principalement en raison de prix élevés. C’est d’ailleurs la principale préoccupation des industriels : faire baisser les prix pour que la voiture électrique puisse enfin être adoptée à grande échelle.
Cela dit, économiquement, la démocratisation doit nécessairement passer par des réductions des coûts de fabrication. Logique. Le problème, c’est que ces économies d’échelle sont entravées par des pénuries qui semblent se systématiser. Il y a eu celles des semi-conducteurs, puis du lithium et qui, maintenant, vont toucher les terres rares, ces métaux spéciaux qui sont grandement utilisés par les voitures électriques.
Des risques véritables
Selon le site allemand Automobilwoche, il existe un risque véritable de pénurie de terres rares, et ce à très court terme. Les terres rares ? C’est un groupe de 17 éléments chimiques du tableau périodique, souvent appelés « éléments des terres rares » (ETR). Ils comprennent les 15 lanthanides, ainsi que le scandium et l'yttrium, qui ont des propriétés similaires. Ces métaux ne sont pas rares à proprement parler, mais ils sont surtout très difficiles (et polluant) à extraire. Le problème, c’est qu’ils sont essentiels dans de nombreuses applications, spécialement dans les technologies de pointe comme les appareils électroniques (smartphone, ordinateur, éoliennes, etc.), les équipements médicaux et... les véhicules électriques qui y recourent pour plusieurs éléments.
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La Chine aux commandes
Mais pourquoi cette perspective d’une soudaine pénurie ? La raison est simple : elle découle de la décision de la Chine, premier producteur mondial de terres rares, de restreindre drastiquement ses exportations depuis le mois d’avril 2025. Pourquoi ? Tout simplement par réaction aux droits de douane et au protectionnisme économique extrême mis en place par Donald Trump.
En matière de terres rares, l’importance de la Chine est capitale puisque l’empire du Milieu extrait 90% du volume disponible dans le monde. On ne peut pas donc faire sans. En outre, la Chine concentre à nouveau toute la chaîne de valeur des terres rares, c’est-à-dire l’extraction, mais aussi toutes les étapes du traitement. En clair, aucune autre entreprise dans le monde ne pourrait remplacer le savoir-faire chinois ni à court ni à moyen terme.
Plus de néodyme pour les moteurs ?
Une des terres rares essentielles pour la voiture électrique, c’est le néodyme, un élément qui est utilisé pour la fabrication des moteurs synchrones. Et pour le néodyme, la Chine décerne désormais des permis d’importation de ce matériau, ce qui signifie que celui-ci peut être suspendu du jour au lendemain sans que les industriels concernés n’aient le temps de se retourner.
Dans ce contexte, le spectre d’une mise à l’arrêt de la production des voitures électriques est bien réel, ce qui porterait un nouveau coup dur au secteur et spécialement pour les marques occidentales, car, les marques chinoises ne sont, elles, pas inquiétées.
Des prix qui vont augmenter
Naturellement, cette situation va entraîner des tensions sur le marché des terres rares. Et qui dit marché en tension dit aussi augmentation des prix. Il est fort probable en effet que certains industriels passent des accords avec la Chine pour sécuriser leur approvisionnement, acceptant de payer plus cher pour cette assurance. Et ces augmentations de prix ne sont pas qu’une vue de l’esprit : les hausses ont déjà commencé, atteignant dans certains cas entre 40 et 50%.
Pour le cabinet de conseils AlixPartners interrogé par la presse, la situation est plus que préoccupante. Car, là où il fallait simplement se montrer patient pour les semi-conducteurs, il n’y a pas de solution pour les terres rares. Et le cabinet de prévoir que les stocks puissent déjà être épuisés d’ici la mi-juin, ce qui aurait des répercussions sur la production des voitures électriques. À en croire les spécialistes, il n’y a pas que les voitures électriques qui seraient concernées : les thermiques utilisent elles aussi des terres rares, notamment pour les directions assistées, divers capteurs, les climatisateurs et des éléments des systèmes de dépollution. Les constructeurs qui privilégient les moteurs électriques sans terres rares seraient donc aussi impactés. Espérons que cette nouvelle crise ne se concrétise pas complètement. On comprend pourquoi l’Europe tient absolument à se rapprocher de la Chine ces dernières semaines...
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