Pour la deuxième fois en moins d'un an, Stellantis doit démentir formellement qu'une fusion avec Renault n'est pas à l'ordre du jour. Pourtant, les rumeurs persistent, alimentées par les médias et les spéculations sur les économies d'échelle nécessaires dans la lutte face à la concurrence chinoise.
Cette dernière gagne de plus en plus de terrain auprès de la clientèle type des deux marques occidentales, comme l'ont encore démontré les derniers chiffres de vente. Les économies d'échelle et le partage des coûts sont plus importants que jamais, d'autant plus que, comme le souligne Renault lui-même, les voitures seront d'ici peu 40% plus chères à construire en raison de réglementations de plus en plus strictes.
De l'huile sur le feu
Pourtant, les deux constructeurs ne semblent pas décidés à abandonner leur indépendance. La double interview que John Elkann, président de Stellantis, et Luca de Meo, patron de Renault, ont accordée au journal français Le Figaro a naturellement alimenté les rumeurs, mais lors du Future of the Car Summit à Londres, le premier a une nouvelle fois coupé court à ces projections infondées. « Nous ne sommes pas en train de discuter d'une quelconque fusion », a-t-il répondu sèchement. Renault a également fait savoir qu'il n'avait pas d'intentions à l'égard de son rival franco-italo-américain.
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D'autres bruits de couloirs annonçaient aussi un possible transfert de l'actuel patron de Renault, Luca de Meo, à la tête de Stellantis, en remplacement de Carlos Tavares remercié récemment. Mais selon les dernières informations, c'est Antonio Filosa, l'actuel patron de la division américaine du groupe de marques, qui est en pole position. Bref, chez Stellantis, c'est la stabilité qui prime dans les urgences et certainement pas une nouvelle expansion qui serait simplement impossible à gérer.
Mais revenons aux possibilités de fusion. Le fait que les deux entreprises soient si catégoriques à ce sujet n'est pas une surprise. Stellantis, qui est née en 2021 de la fusion de PSA et de Fiat Chrysler, a fort à faire pour intégrer et piloter ses 14 marques. Chrysler, Lancia, DS Automobiles et Maserati affichent entre autres des performances désastreuses.
Les inquiétudes de la concurrence
Renault, quant à lui, se porte mieux. En 2024, le constructeur a enregistré une légère croissance dans tous les domaines (Renault +1,8 %, Dacia +2,7 % et Alpine jusqu'à +5,9 %). Cependant, Renault doit aussi gérer le lourd héritage qu'est l'alliance très affaiblie avec Nissan et Mitsubishi. Cette structure est donc difficile à combiner avec l'organisation matricielle de Stellantis - bien que Renault prenne de plus en plus ses distances avec l'alliance Nissan-Mitsubishi.
Le regroupement des deux constructeurs automobiles sous un même toit se heurterait également à de fortes préoccupations en matière de concurrence en Europe. Le chevauchement des marques et des capacités de production déclencherait probablement une restructuration majeure dans plusieurs pays. Le fait que l'État français soit actionnaire des deux entreprises - et qu'il ait donc intérêt à ce que la continuité soit assurée de part et d'autre - alimente aussi les spéculations sur les pressions politiques favorables à une coopération. La France serait ainsi plus en sécurité en cas de restructuration.
Et il y a plus. D'ici 2035, les nouveaux véhicules à moteur à combustion seront interdits. Ce qui oblige les constructeurs automobiles à investir massivement dans l'électrification. Or, c'est précisément dans ce domaine que Renault et Stellantis entendent se distinguer l'un de l'autre. Le premier dispose d'une entité distincte avec Ampère pour ces projets, tandis que le second considère que l'électrification fait partie d'une structuration plus large du business. Une fusion créerait non seulement de la confusion sur ce point essentiel, mais elle exigerait aussi que les deux marques revoient leurs ambitions à la hausse. Et les deux parties semblent en être parfaitement conscientes.
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