ÉDITO - Le moteur thermique va-t-il faire son retour par la grande porte ?

Chaque lundi, un rédacteur de Gocar.be propose un regard décalé sur la mobilité. Aujourd’hui : le retour du moteur thermique. En plein Salon de l’Auto de Bruxelles, une interrogation s’impose : et si le thermique était en train de reprendre sa place ? Sur le terrain, les concessionnaires constatent en tout cas un retour marqué de l’intérêt des acheteurs…

Publié le 12 janvier 2026
Temps de lecture : 4 min

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ÉDITO - Le moteur thermique va-t-il faire son retour par la grande porte ?

Alors que le Salon de l’Auto bat son plein, le discours sur l’électrification qui progresse mérite d’être confronté à la réalité du marché. Car le terrain semble raconter une histoire assez différente de ce qu’on a l’habitude de présenter. Interrogé par BelRTL,

Philippe Steveny constate en effet que les clients reviennent vers des motorisations thermiques qu’ils estiment plus accessibles, plus rassurantes et mieux adaptées à leurs usages actuels. Mais pourquoi ? En réalité, les facteurs sont multiples, comme toujours. Ce regain d’intérêt s’explique d’abord par une réalité économique évidente : les voitures électriques restent plus chères que leurs équivalents thermiques. Dans un contexte où le pouvoir d’achat est sous pression, le prix redevient donc pour beaucoup d’acheteurs le premier critère de décision.

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Un marché qui résiste

Depuis plusieurs années, la trajectoire semblait pourtant tracée : l’électrique devait s’imposer comme l’unique horizon de l’automobile. Pourtant, le marché envoie aujourd’hui des signaux différents. En Belgique, en 2025, 65% des voitures neuves immatriculées restent thermiques ou hybrides contre 35 % de modèles 100% électriques. Une part élevée, certes, mais largement tirée par les flottes d’entreprise dopées aux incitants fiscaux.

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Chez les particuliers, la bascule est nettement moins évidente. À modèle équivalent, l’électrique demeure plus coûteuse à l’achat sans toujours offrir une réponse claire en matière d’autonomie réelle, de recharge et désormais de valeur résiduelle. Résultat : le moteur thermique conserve un avantage rationnel.

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L’Europe temporise

Autre facteur de retournement : l’assouplissement du cadre réglementaire européen joue aussi un rôle déterminant dans la confiance des consommateurs. En renonçant à une interdiction stricte et totale des voitures neuves à moteurs thermiques dès 2035, l’Union européenne a envoyé un signal d’apaisement au marché. L’objectif de neutralité carbone demeure, mais la méthode évolue, ce qui laisse une marge aux technologies hybrides et thermiques optimisées. La perception est donc tout autre : le thermique n’apparaît plus comme une technologie condamnée, mais comme un choix encore pertinent dans une phase de transition prolongée. C’est évidemment un facteur psychologique fort lors de l’achat d’une voiture.

Pas que l’Europe

Autre réalité souvent sous-estimée : l’Europe ne dicte pas seule le tempo mondial. De nombreux marchés restent structurellement incompatibles avec une électrification rapide. Pour les constructeurs dont les activités sont mondiales, abandonner le thermique serait une absurdité économique et industrielle.

Dans ce contexte, le moteur thermique a certainement encore de belles années devant lui et pas en faisant du surplace. Car il s’agit de continuer à optimiser les technologies thermiques toujours demandées à l’échelle mondiale, même si les modèles industriels seront différents (plus basés sur la collaboration) comme l’illustre la récente coentreprise entre Renault et Geely pour les moteurs thermiques (HORSE Powertrain). Autre preuve de cette innovation thermique non figée. Au CES de Las Vegas, le groupe chinois GWM a surpris en dévoilant un V8 essence de 4,0 litres conçu pour des applications hybrides rechargeables.

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Le Salon de l’Auto fera office de test grandeur nature et il montrera ou non ce mouvement de retour vers les moteurs thermiques. N’oublions par ailleurs pas non plus qu’une récente étude d’AG Insurance montre que si les Belges restent sensibles à l’écologie, ce critère pèse nettement moins qu’il y a cinq ans dans le processus d’achat d’une voiture. Les préoccupations financières dominent et 62% des répondants jugent encore les voitures électriques trop chères. Rendez-vous d’ici quelques semaines pour vérifier ce potentiel changement de trajectoire.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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