Il y a quelques semaines, la Cour constitutionnelle a annulé le report à 2027 du durcissement de la zone de basses émissions (LEZ) à Bruxelles. Cette annulation rétablit donc les restrictions initialement prévues dès janvier 2025. Résultat : les Diesel Euro 5, essence Euro 2 n’ont plus le droit de circuler dans la capitale, même si les autorités ont instauré un moratoire de trois mois avant d’éventuelles amendes de 350 euros par trimestre. Celles-ci seront envoyées à titre informatif dès janvier 2026, mais il faudra les payer à partir de mars.
Mais faudra-t-il vraiment les payer ? Ou plutôt, qui sera verbalisé ? Car il apparaît que les caméras ANPR bruxelloises sont aujourd’hui au cœur d’un sérieux couac technologique. Selon le ministre bruxellois de la Transition numérique, Bernard Clerfayt (DéFI), 91 caméras sur 447 sont actuellement hors service. En d’autres termes, une caméra sur cinq serait inutilisable – et inutilisée – dans la capitale.
Ces défaillances, révélées en commission des Affaires économiques, ne relèvent pas d’un incident temporaire. Elles s’expliquent par une accumulation de pannes techniques, d’actes de vandalisme, de problèmes de connectivité et même... de dossiers urbanistiques en attente. En clair, un désordre administratif et technique sans précédent qui ferait presque sourire s’il ne créait pas une inégalité chez les conducteurs et ne posait pas de vraies questions sur la gestion de ce dossier qui va faire souffrir près de 30.000 Bruxellois sans compte les navetteurs qui sont censés changer de véhicules d’ici quelques mois.
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Quand la LEZ tourne au casse-tête
Pourtant, on ne peut pas dire que la Région n’a pas eu le temps de se retourner puisque le réseau a été mis en place en 2018, soit il y a 7 ans déjà. Ironie du sort : cette hémorragie technologique survient au moment même où les caméras bruxelloises sont reliées au réseau national ANPR@GPI. Fin octobre, le ministre fédéral de l’Intérieur Bernard Quintin (MR) s’est félicité de cette interconnexion censée permettre un partage en temps réel des plaques d’immatriculation entre polices locales et fédérales. Une avancée majeure, selon lui, dans la lutte contre la criminalité organisée.
Sauf qu’à Bruxelles, un cinquième du dispositif reste dans le noir. Difficile dans ces conditions de vanter une « surveillance intelligente » quand le système ne parvient même pas à assurer son propre fonctionnement.
Encore un fiasco
La LEZ bruxelloise devait être une vitrine de modernité. Mais elle devient aujourd’hui le miroir grossissant d’une gouvernance défaillante où les promesses de contrôle et d’une qualité de l’air en progrès se heurtent à la réalité d’une infrastructure bancale. Et à force de multiplier les comités, les ministres risquent d’oublier l’essentiel : faire en sorte que les caméras… filment enfin. La gestion est kafkaïenne et les responsabilités se diluent entre administrations. Bien entendu, des réunions sont organisées pour pointer les responsabilités. Et trouver des solutions ? Allez savoir...
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