Dans le modèle de la voiture électrique, rien n’est simple. Si l’attention se porte souvent sur le nombre de bornes de recharge rapide qui est toujours jugé insuffisant, il y a un autre aspect qui est souvent oublié : celui de la recharge à domicile. Car tous les Belges ne disposent pas d’une entrée privée ou d’un garage pour recharger leur voiture électrique. De ce fait, certains d’entre eux faisaient jusqu’ici courir un câble sur le trottoir pour recharger leur voiture.
Mais cette pratique n’est pas appréciée de tous, car certains y voient une monopolisation de l’espace public et des risques pour les piétons qui peuvent tomber en se prenant les pieds. Dans ce cadre, la ville de Nivelles dans le Brabant wallon vient de prendre une décision radicale : plus question de dérouler un câble entre son domicile et sa voiture stationnée sur la voie publique. L’interdiction vise tous les dispositifs de recharge installés sur ou sous les trottoirs, y compris ceux prévus pour faire passer les câbles discrètement. Pas question donc de goulotte ni de dispositif alternatif comme à Villers-la-Ville par exemple. Dans cette commune, les autorités ont imaginé dès 2023 un système de trottoirs rainurés : le câble est enfoui sous une dalle spécifique, protégée par une bande de caoutchouc. Ce dispositif, financé par le demandeur, mais installé par les services communaux, permet de maintenir un passage libre pour les piétons.
L’objectif affiché est clair : protéger les piétons, les poussettes et les personnes à mobilité réduite. Les autorités locales invoquent la multiplication des plaintes liées à des chutes ou à des entraves sur les trottoirs. La ville rappelle également que ces installations artisanales peuvent dégrader la voirie et mener à une forme de privatisation de l’espace public devant les habitations.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Une mesure controversée
Cette décision est appliquée depuis l’été dernier et elle ne fait pas l’unanimité. Plusieurs propriétaires de voitures électriques dénoncent une contradiction entre les discours politiques encourageant la mobilité zéro émission et ce type d’interdiction locale. Et, forcément, nombreuses sont les personnes concernées qui dénoncent le manque d’alternatives crédibles, notamment dans les zones résidentielles où les bornes publiques restent rares.
La ville de Nivelles assure de son côté qu’elle travaille avec l’intercommunale inBW et le gestionnaire de réseau ORES à un plan de déploiement de bornes de recharge sur le territoire communal. Une douzaine de points sont déjà prévus, mais les contraintes techniques liées à la capacité électrique du réseau ralentissent le calendrier. En outre, une douzaine de points semble aussi très peu pour une ville qui compte environ 30.000 résidents. Le renforcement des infrastructures se fera donc attendre plusieurs mois, voire plusieurs années.
Pas un cas isolé
Dans la région de la Campine, plusieurs communes – Herentals, Grobbendonk, Herenthout, Olen et Vorselaar – ont aussi décidé de mettre un terme à la tolérance concernant les câbles de recharge de véhicules électriques qui traversent les trottoirs. Cette nouvelle règle est intégrée au règlement de police depuis le 1er juillet 2024. Les habitants dépourvus d’allée privée sont désormais invités à utiliser les bornes de recharge publiques installées dans les rues.
Et là aussi, la colère des automobilistes est palpable – et compréhensible –, car dans d’autres villes comme Bruges, Roulers, Deinze ou Harelbeke, les autorités autorisent toujours le passage de câbles sur les trottoirs. Il y a donc deux poids deux mesures. N’oublions pas que dans certaines communes, les contrevenants s’exposent à des amendes administratives pouvant atteindre jusqu’à 10.000 euros. De quoi faire réfléchir les adeptes de la recharge « traversante ».
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be