Les chiffres sont stupéfiants, surtout quand on regarde d’où l’on vient ! Fin 2024, moins de 10% de l’ensemble des voitures de société en Belgique étaient entièrement électriques. À peine un an et demi plus tard, plus d’un quart (28,7%) de l’entièreté du parc des voitures de société roule à l’électricité ! La tendance est surtout très nette du côté des véhicules fraichement immatriculés, où la part de l’électrique (soit hors hybrides rechargeables) atteint 78,3%. Ces données proviennent de Partena Professional qui a analysé les données d’environ 150.000 travailleurs répartis dans 20.600 entreprises.
Des chiffres globaux qui semblent stables… à première vue !
Bien sûr, tout dépend de la période de comparaison. Par rapport à fin 2025 (28,6%), la part totale reste stable, ce qui pourrait laisser penser que nous sommes sur un statu quo. Selon Partena, ces chiffres globaux sont toutefois trompeurs : le recul progressif des modèles thermiques dans les nouvelles immatriculations et les évolutions régionales racontent une tout autre histoire. « Les employeurs font leurs calculs : rouler à l’électrique reste fiscalement intéressant, tandis que faire le plein coûte de plus en plus cher », explique Yves Stox, Managing Consultant chez Partena Professional.
Se baser sur une seule source, la porte ouverte à une perception tronquée, dites-vous ? Sachez que cette tendance est confirmée par l’ONSS qui a publié en avril 2026, son propre monitoring basé sur l’ensemble du parc belge de voitures de société (environ 580.000 véhicules). Au dernier trimestre de l’an dernier, l’organisme indiquait que plus de 80% des nouvelles immatriculations concernaient un véhicule entièrement électrique. Un résultat légèrement plus élevé, donc, mais établi sur une base plus large. En quatre ans, les émissions moyennes de CO₂ par voiture de société ont ainsi chuté de moitié, passant de 120 à 61 grammes par kilomètre.
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L’hybride relégué au second plan
Le grand perdant, c’est l’hybride. Si ce type de motorisation a longtemps été considéré comme une étape intermédiaire assez pragmatique pour ceux qui ne voulaient pas encore passer au tout électrique, il semble que nous ayons déjà passé ce cap. Durant les trois premiers mois de cette année, les hybrides, qu’il s’agisse de versions rechargeables ou autorechargeables, ne représentaient plus que 13,9% des nouvelles immatriculations. Et la tendance reste à la baisse ! « L’hybride était vu comme une étape de transition rassurante », confirme Yves Stox. « Mais le durcissement de la fiscalité automobile marginalise l’hybride. Les employeurs sautent de plus en plus souvent cette étape et optent directement pour le tout électrique ! »
Les modèles thermiques, qu’ils soient essence ou diesel, sont quant à eux littéralement balayés. Avec un taux d’immatriculation de 7,9%, ils ne jouent presque plus aucun rôle, sauf dans les cas où l’électrification reste compliquée en raison des activités de l’entreprise ou d’un déploiement trop timide de l’infrastructure de recharge.
Des différences régionales
Ce « durcissement de la fiscalité automobile » est évidemment la raison pour laquelle la part de l’électrique atteint des sommets dans le monde des entreprises ! Depuis le début de cette année, seules les voitures de société électriques sont encore déductibles. En effet, seules ces dernières permettent aux employeurs de ne payer que le montant plancher de la cotisation de solidarité. Pour les véhicules thermiques, cette contribution CO₂ augmente chaque année. Cela devrait sans aucun doute faire encore progresser le taux de pénétration des voitures électriques !
Une évolution intéressante se dessine aussi au niveau régional. Le leasing étant très implanté en Flandre, il est logique que la région du nord reste en tête de l’électrification… Mais le sud du pays opère un fameux rattrapage ! Durant les trois premiers mois de l’année, la Wallonie a enregistré sa plus forte croissance (+7,3%) par rapport au trimestre précédent. Là aussi, il semble que nous soyons arrivés à un tournant !
« Là où les employeurs flamands ont réagi assez tôt, leurs homologues wallons et bruxellois ressentent désormais eux aussi l’effet d’un TCO (coût total de possession) structurellement plus favorable à l’électrique », poursuit Yves Stox. « La question n’est plus de savoir si les entreprises vont basculer, mais à quel rythme le parc existant sera remplacé ! » Pour l’instant, il semble évident que le moteur thermique n’est plus l’option par défaut dans le parc belge des voitures de société. Le rôle important de la voiture-salaire dans le verdissement de notre parc automobile national devrait donner matière à réflexion à ceux qui veulent supprimer ce système…
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