Selon le consultant PwC, 627.000 voitures de société roulent en Belgique à la fin du premier trimestre 2025. En vingt ans, leur part dans le parc automobile total a doublé et, selon le Bureau fédéral du Plan, elles représentent aujourd'hui quelque 60 % des nouvelles immatriculations de voitures particulières. Et pourtant, pour la première fois depuis des années, ce chiffre stagne. Après une telle ascension, cela interroge.
2026, dernière chance
Pour faire un état des lieux de la voiture de société en Belgique – système unique au monde, faut-il le rappeler –, PwC Belgique a mené l'enquête auprès de gestionnaires de flotte représentant 38.500 employés et 14.400 voitures. Et ils confirment tous les tensions qui existent aujourd’hui dans le système.
Cela dit, les choses vont encore changer pour les flottes dans les mois qui viennent. Et pas qu’un peu. Car 2026 est aussi la dernière année pour profiter d’une déductibilité à 100 % à vie sur un véhicule électrique neuf. Dès le 1er janvier 2027, le régime change et ce sera 95 % pour les véhicules commandés cette année-là, 90 % pour ceux commandés en 2028, 82,5 % si on est en 2029, 75 % en 2030 et, enfin, 67,5 % à partir de 2031, un seuil qui n’est pas censé bouger. Sauf si le gouvernement venait à changer les règles du jeu. En Belgique, on n’est jamais assuré de rien.
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Les marques chinoises
On l’a dit, PwC observe des tensions sur le marché des flottes d’entreprise. En effet, plus d'une entreprise sur deux a constaté une hausse significative de ses coûts de flotte. Concrètement, les leasings sont plus chers (les valeurs résiduelles des électriques restent peu prévisibles), les factures de recharge sont en progression et les frais d'entretien sont de plus en plus élevés.
Pour tenir, les gestionnaires allongent les contrats de quatre à cinq ans (voire davantage) retirent des options des packages, découplent l'assurance du leasing pour payer moins cher. Autrefois quasi systématiquement installées pour les employés, les bornes de recharge à domicile deviennent elles aussi un avantage optionnel selon le budget de l'employé. Les formules sont donc moins automatiques et plus sélectives. D’accord, mais tout cela pourrait s’atténuer avec les marques chinoises qui sont moins chères. Et là aussi PwC a une réponse : les employés n'en veulent manifestement pas, en tout cas pas massivement.
Un paradoxe belge
Bien entendu, les opposants aux voitures de société sont nombreux et ils ne manquent pas d'arguments. Selon le Bureau fédéral du Plan, le régime des voitures de société coûterait à l'État entre 4,7 et 6 milliards d'euros par an. Faut-il dès lors arrêter ces subventions déguisées à l’automobile – et qui datent d’ailleurs de l’âge d’or révolu de l’industrie automobile en Belgique ?
En fait, c’est plus compliqué que cela. Si les entreprises abandonnaient massivement le modèle, le bilan pour les finances publiques ne serait pas positif pour autant. Car la voiture de société génère aussi des recettes. Il y a la TVA sur l'achat, sur l'entretien, les pneus, le leasing. Et cette TVA n'est pas intégralement récupérée par les entreprises, car la loi plafonne la déduction à 50 % maximum, même pour les électriques. La moitié reste donc dans les caisses de l'État. À quoi s'ajoutent les accises sur les carburants, que l'électrification érode, mais n'efface pas entièrement. Un effondrement du modèle coûterait des deux côtés du bilan et, ça, personne ne l’a encore chiffré.
La guerre des talents
Toute la question est donc de savoir si le modèle de la voiture de société reste soutenable dans le chef des entreprises. Même si elle est avantagée fiscalement, il semble que ce soit de moins en moins le cas en raison de l’explosion des coûts. On a déjà constaté que la part des ventes de voitures de société reculait ces derniers mois. Cela va-t-il se poursuivre ? Ce n’est pas impossible.
Le problème est que les entreprises sont mal prises. En effet, la voiture de société reste un levier puissant lorsqu’il s’agit d’attirer et de retenir des talents. Pour rester compétitives, elles doivent donc trouver des alternatives pour séduire. Et selon PwC, il semble que le budget mobilité s'impose de plus en plus comme une alternative, aussi appréciée de la part des employés. Cette solution est déjà adoptée par 55 % des entreprises interrogées (+ 15 % par rapport à l’an dernier) et elle permet de convertir une voiture de société en alternatives durables ou en avantages logement, sans cotisations sociales ni impôt. L’employé comme l’employeur y gagnent aussi.
Un système va-t-il en éclipser un autre ? Pas sûr. Ce que constate PwC au terme de son étude, c’est qu’il y a un besoin de clarification de la part des autorités. Et cela à la fois pour le budget mobilité qui est très chronophage à mettre en œuvre au sein des entreprises, mais aussi du côté des voitures de société. Pour ces dernières, le consultant conseille de maintenir la déductibilité à 100 % dans les années qui viennent pour que les entreprises puissent anticiper au mieux. Mais ce n’est pas ce qui est prévu...
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