Le paysage automobile mondial n’a jamais été aussi mouvant. Entre les pressions réglementaires, les hésitations des automobilistes et une électrification qui patine, Volkswagen a toutefois décidé d’explorer une solution intermédiaire : la voiture électrique à prolongateur d’autonomie. Cette solution est déjà très répandue en Chine et elle fait peu à peu son retour dans le radar des constructeurs occidentaux, comme chez BMW. Selon plusieurs sources proches du dossier, le groupe allemand envisage désormais de commercialiser des modèles EREV (Extended Range Electric Vehicles) sur les deux rives de l’Atlantique.
Le principe technique est simple : un petit moteur thermique embarqué sert uniquement de générateur pour recharger la batterie lorsque celle-ci atteint un seuil critique. La traction reste donc exclusivement électrique puisque le moteur à combustion n’entraîne jamais les roues. Cette technologie n’est vraiment pas nouvelle et elle a été utilisée par la Fisker Karma, mais aussi par l’Opel Ampera et la Chevrolet Volt en leur temps. Plus fort encore : la presque oubliée GM EV1 (tuée par le lobby pétrolier) avait vu quelques prototypes qui embarquaient ce type de technologie, même si c’était à l’époque un peu différent – en l’occurrence, il s’agissait de variantes hybrides avec une turbine à gaz (APU) dans le coffre qui rechargeait les batteries NiMH. Cela dit, l’objectif reste le même : prolonger les parcours sans dépendre systématiquement d’une borne. On se doute que cet argument parlera à une large frange d’automobilistes encore sceptiques face au tout électrique.
Pourquoi maintenant ?
Alors que la demande en véhicules électriques ralentit dans plusieurs régions du monde et que les objectifs Zéro Émission sont revus à la baisse – notamment aux États-Unis depuis l’arrivée de l’administration Trump –, les constructeurs adaptent donc leur stratégie. Et Volkswagen ne fait pas exception. Selon Bloomberg et Automotive News, la marque étudie l’intégration d’un prolongateur dans ses modèles les plus diffusés : berlines familiales, SUV compacts et véhicules plus imposants, dont probablement l’ID.Buzz qui, malgré son look ravageur, souffre de sa motorisation électrique. Volkswagen espère donc que l’angoisse de l’autonomie pourra disparaître. Et que les acheteurs franchiront le pas.
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Cette approche sera mondiale : la division américaine Scout Motors a déjà confirmé qu’elle proposerait à partir de 2027 un « Harvester », un quatre-cylindres atmosphérique dédié à la production d’électricité à bord. En Chine, le concept ID. Era présenté plus tôt montre que le groupe a déjà validé l’intégration technique de cette solution.
La plate-forme SSP, clé de voûte
Si Volkswagen est aujourd’hui en position d’accélérer sur les systèmes EREV, c’est parce que sa grande architecture modulaire SSP (Scalable Systems Platform) attendue à partir de 2028-2029 a été pensée pour accueillir aussi bien des groupes 100% électriques que des groupes affublés de générateurs thermiques. Longtemps retardée en raison de difficultés logicielles internes (initialement, elle devait arriver en 2026-2027), la SSP doit devenir la base commune des futurs modèles de toutes les marques du groupe. Cette architecture représente donc la véritable épine dorsale sur laquelle pourront coexister citadines, berlines, grands SUV et même la prochaine génération de Golf prévue en fin de décennie. Actuellement, cette orientation (probablement observée en Chine) place Volkswagen en avance sur ses concurrents européens, dont la plupart n’ont pas encore défini de stratégie claire autour de cette technologie. Et ça se comprend...
Décisions politiques
Car le facteur majeur de décision pour adopter ou non cette technologie, c’est le cadre réglementaire. Si l’assouplissement américain semble acté, l’Europe, elle, s’apprête à rendre aujourd’hui même une décision cruciale sur le maintien ou non de l’interdiction des voitures neuves à moteurs thermiques en 2035.
En cas de report ou d’allègement de cette échéance, l’option EREV pourrait devenir une passerelle idéale entre l’hybride rechargeable et le 100% électrique, tout en permettant aux constructeurs de rentabiliser les solutions techniques actuelles. À l’inverse, si Bruxelles confirme la sortie ferme du thermique, cette technologie pourrait rester un outil limité à certains marchés.
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