Trop de pétrole, pas assez de demande : les prix vont-ils encore s’effondrer ?

Malgré un contexte international tendu, le pétrole continue d’affluer sur les marchés. L’excédent est tel que les cours restent sous pression et pourraient encore reculer dans les prochains mois. Certains scénarios évoquent désormais un baril à 50 dollars. Jusqu’où peut aller la baisse et que peut-on espérer à la pompe ?

Publié le 2 février 2026
Temps de lecture : 4 min

Partagez

Trop de pétrole, pas assez de demande : les prix vont-ils encore s’effondrer ?

À première vue, tous les ingrédients d’un choc pétrolier sont réunis. La liste est longue : instabilité au Moyen-Orient, sanctions contre la Russie, tensions persistantes autour du Venezuela. Ces dernières semaines, la géopolitique mondiale ressemble furieusement à un dérapage en butée de contre-braquage deux roues dans l’herbe. Direction le bac à gravier ? Pas vraiment, car contre toute attente, le baril de Brent évolue dans une zone étonnamment basse, autour de 60 à 65 dollars, bien loin donc des flambées redoutées par les marchés.

Cette résilience des prix s’explique : le pétrole est aujourd’hui surabondant. Selon les estimations convergentes des acteurs du secteur, l’offre mondiale dépasse actuellement la demande de 2 à 3%, soit environ 2,5 millions de barils par jour. Un déséquilibre d’une ampleur inédite depuis la pandémie, même si l’on est très loin du krach observé en 2020 (brièvement autour des 20 dollars). Déjà en 2024, nous abordions cette situation. Et manifestement, les choses n’ont pas changé.

110066

Des marchés qui ont intégré l’excédent

Contrairement aux épisodes précédents, la baisse des prix s’opère de manière progressive. Les opérateurs ont anticipé cette surproduction et l’ont intégrée dans leurs scénarios. Interrogé par Trends-Tendances, Daan Struyven, responsable mondial des matières premières chez Goldman Sachs, estime que des prix autour de 55 dollars le baril sont nécessaires pour rééquilibrer durablement le marché à l’horizon 2027.

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Cette lecture est partagée par l’Agence américaine d’information sur l’énergie, qui projette des niveaux comparables pour les années 2026 et 2027. La logique est simple : tant que l’offre progresse plus vite que la consommation, les cours resteront bas, même dans un environnement géopolitique tendu.

Des risques... limités

Cela dit, les risques ne sont pas absents pour autant. Les tensions en Iran continuent de peser sur les marchés, notamment en raison du rôle stratégique du détroit d’Ormuz dans le transport mondial de pétrole. Et à cela s’ajoutent les incertitudes liées au conflit russo-ukrainien.

2148906382

Mais ces facteurs n’ajoutent aujourd’hui qu’une prime de risque estimée à environ cinq dollars par baril, toujours selon Daan Struyven. Ce niveau de risque est donc nettement insuffisant pour inverser une tendance structurelle dominée par l’abondance. Quant au Venezuela, son poids reste marginal après des années de sous-investissement avec à peine un million de barils produits par jour.

La demande mondiale ralentit

Côté consommation, la dynamique change progressivement de visage. La Chine, moteur historique de la demande depuis une décennie, commence à ralentir. L’essor rapide des véhicules électriques et le recours croissant au gaz naturel liquéfié dans le transport lourd freinent l’appétit pétrolier du pays.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) anticipe désormais un pic de la demande mondiale autour de 2030, avec une croissance déjà inférieure à 1% par an. À plus long terme, la pétrochimie et l’aviation resteront les principaux moteurs d’une consommation résiduelle difficilement substituable, comme le souligne Goldman Sachs dans ses analyses aussi relayées par Trends-Tendances.

372

L’Amérique, moteur de la surproduction

Si le marché déborde de pétrole, c’est avant tout à cause des États-Unis. En moins de dix ans, la production américaine a bondi de 12 millions de barils par jour, ce qui a bouleversé l’équilibre mondial. L’exploitation du pétrole de schiste, dopée par des gains technologiques et désormais par l’intelligence artificielle, continue de dépasser les prévisions.

La surabondance se traduit aussi mécaniquement par une (re)constitution des stocks mondiaux. La Chine joue ici un rôle clé, profitant des prix modérés pour renforcer ses réserves stratégiques à un rythme soutenu. Et cette accumulation agit comme un amortisseur supplémentaire contre toute envolée des prix.

Mais le vrai risque pour les consommateurs (et les automobilistes), c’est que les investissements dans l’exploration pétrolière soient freinés pour d’évidentes raisons de rentabilité. Or, sans nouveaux projets, le déclin naturel des champs existants pourrait entraîner un retournement brutal après 2030. La surproduction actuelle pourrait donc  semer les graines d’une future crise… En attendant, les automobilistes vont probablement continuer de profiter de prix accessibles à la pompe.

À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be

Par David Leclercq Rédacteur automobile

Partagez

Contenus sponsorisés

Gocar marketplace
Vous cherchez un véhicule neuf ou d'occasion ?
Hybride, électrique ou thermique ? Neuve ou d'occasion ? Spécialiste dans la recherche de véhicules neufs, d’occasions et sur toute l’actualité automobile.

Sur le même sujet

Gocar newsletters
Gocar est la référence. Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité !
Abonnez-vous à notre newsletter Gocar pour rester au top de l’information et connaître tous les bons plans !
Votre inscription a bien été enregistrée.