Ces derniers jours, la Belgique est baignée de soleil, y compris le week-end et donc le dimanche. Les plus observateurs auront pu constater que les pales de nombreuses éoliennes restaient immobiles, malgré le vent. En réalité, nous avons affaire à un cas typique de surproduction électrique. Cela survient lorsque les énergies renouvelables sont disponibles en abondance et que la demande de consommation est faible, notamment parce que l’industrie tourne au ralenti. Les gestionnaires de réseau demandent alors l’arrêt de certaines éoliennes – leurs propriétaires étant indemnisés pour le manque à gagner.
Sur le marché de gros, l’électricité s’affiche alors un prix négatif, ce qui signifie que les producteurs paient pour se débarrasser de leur surplus. Dans ce cas de figure, la batterie d’une voiture électrique constitue un espace de stockage idéal pour cette électricité excédentaire. Et justement, depuis l’an dernier, il est possible alors de « faire le plein » gratuitement dans ces situations particulières.
Aujourd’hui, des fournisseurs comme Engie et Luminus proposent eux aussi des formules « happy hour » pour les particuliers. Ils ont emboîté le pas au petit producteur Energie.be, qui, dès 2025, a transformé ces prix négatifs du marché de gros en offres attractives d’électricité qui est alors qualifiée de gratuite. Pendant ces « happy hours », on peut alors recharger sans frais sa voiture électrique ou alimenter un autre appareil domestique. Mais attention : gratuit ne signifie toutefois pas totalement que c’est sans frais. On vous explique.
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Taxes et autres coûts
En réalité, seule la composante énergie est gratuite. Les taxes, redevances et frais de réseau – qui représentent plus de la moitié de la facture – restent à charge du consommateur. On paye ces charges pour chaque kilowattheure prélevé sur le réseau, que le producteur fournisse l’énergie gratuitement ou non.
En outre, il faut ajouter en Flandre le tarif capacitaire qui taxe annuellement les pics de consommation. Ainsi, celui ou celle qui prélève beaucoup d’électricité du réseau pendant les périodes de prix bas peut donc voir son avantage (en partie) disparaître lors du décompte final en raison d’une puissance maximale plus élevée.
En Wallonie, un tarif incitatif optionnel est en place depuis cette année : le consommateur peut choisir d’adhérer à un système de prix variables répartis sur différentes plages horaires, avec un tarif vert, orange et rouge.
Ces deux dispositifs visent à éviter la surcharge du réseau, même si leur mise en œuvre et leur usage diffèrent pour les consommateurs.
Comment cela fonctionne-t-il ?
Concrètement, voici comment ça se passe. Engie lance ses « happy hours » en prévenant la veille les consommateurs qu’une plage horaire d’électricité « gratuite » sera proposée. Chaque client peut donc en bénéficier, mais à condition d’activer l’option dans son contrat.
Chez Luminus, il s’agit d’un contrat distinct – le SmartFlex – qui inclut des « happy Sundays » offrant de l’électricité gratuite entre 11h et 17h, uniquement durant la première année de contrat. Les clients bénéficient également d’un tarif réduit pendant ces heures tous les jours de la semaine et même à moitié prix au printemps ou en été.
Enfin, Energie.be propose de l’électricité gratuite le dimanche entre 12h et 16h. Comme on l’a dit, seule la composante énergie est concernée quel que soit le fournisseur.
Les tarifs dynamiques
Il existe cependant des possibilités de recharger vraiment gratuitement, mais cela demande plus de démarches. Depuis quelques années, il est possible d’opter pour un tarif dynamique avec un prix variable par quart d’heure et qui est directement lié aux prix du marché de gros via le compteur digital.
Depuis 2024, et surtout 2025, ces situations se multiplient : l’électricité est parfois réellement gratuite pour le consommateur. Mieux encore : il arrive même que l’on puisse gagner de l’argent en consommant de l’électricité à un moment bien précis. C’est le cas lors de dimanches très ensoleillés, lorsque la production photovoltaïque est telle que le prix descend tellement en négatif que les clients peuvent alors toucher plus d’argent pour l’électricité consommée que ce que ça leur coûte en taxes, redevances ou frais de réseau. Les prix du lendemain sont publiés chaque midi, ce qui permet au consommateur d’adapter sa consommation à ces moments plus avantageux.
Mais cela demande évidemment un minimum d’organisation et de flexibilité. En pratique, il faut souvent laisser son véhicule branché en journée, alors que c’est justement le moment où les voitures sont utilisées. L’installation doit en outre être intelligente et programmable et il ne faut pas cacher qu’un certain niveau de compétences digitales est nécessaire.
Cela dit, les Prix dynamiques ont aussi leur face sombre. S’ils peuvent être faibles, voire négatifs lors de moment de surproduction, ils deviennent aussi plus élevés lorsque la demande dépasse l’offre. C’est notamment le cas lors de journées d’hiver peu lumineuses lorsque la production photovoltaïque est quasi inexistante et que de nombreuses pompes à chaleur fonctionnent à plein régime.
L’autoconsommation photovoltaïque
Une recharge totalement gratuite, sans frais supplémentaires, n’est finalement possible qu’avec une production propre via des panneaux photovoltaïques couplée à des batteries qui doivent évidemment être achetés et installés. Ça a un coût.
Le dernier rapport annuel du gestionnaire de réseau Elia laissait entendre que cette pratique était déjà largement répandue, même s’il n’existe pas de chiffres clairs. Le nombre de kilowattheures qui ne sont pas injectés sur le réseau, mais consommés directement à domicile ne peut faire l’objet que d’estimations imprécises.
Ce qu’on constate, c’est que la consommation totale d’électricité sur le réseau a diminué l’an dernier, alors que le nombre de voitures électriques en circulation continue d’augmenter. Cette baisse s’explique probablement aussi par un recul de la consommation industrielle.
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