En janvier 2026, le marché automobile belge a fortement reculé avec 32.997 immatriculations, soit une baisse de -18,7% par rapport à janvier 2025. Ce repli s’explique surtout par une anticipation des immatriculations en décembre 2025 avant l’entrée en vigueur de la norme Euro 6e-bis. Mais qu’en est-il en Europe ?
À l’échelle de notre petit continent, le mois de janvier 2026 a ouvert l’année sur une contraction de -3,6% des immatriculations en Europe (UE, Royaume-Uni, Islande, Norvège et Suisse) selon les données de Dataforce couvrant 98% du marché. Un recul global qui est donc plus limité que chez nous. Mais l’analyse détaillée révèle un déplacement très important des équilibres concurrentiels.
Dacia sales were down 35 percent, or 16,513 units, representing nearly half of the total volume deficit for the month versus January 2025. Meanwhile, China's BYD, Jaecoo and Omoda all more than doubled their sales. https://t.co/aKiv3I6eHT pic.twitter.com/OYt2P4KmgA
— AutoNews Europe (@AutoNewsEurope) February 20, 2026
La principale secousse concerne Dacia. La marque franco-roumaine accuse une chute de 35% sur un an, soit 16.513 voitures de moins qu’en janvier 2025. À elle seule, elle représente près de la moitié du déficit total du marché qui atteint 35.331 unités.
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Le problème : la logistique et hybridation
Interrogés, les dirigeants de Renault Group ont évoqué des difficultés logistiques et industrielles pour expliquer cette contre-performance. Cela dit, aucune autre précision n’a été apportée. S’agit-il de retards dans les livraisons, d’annulations de commandes ou d’un désintérêt des acheteurs ? Le groupe Renault ne le détaille pas.
Parallèlement, l’introduction de nouvelles motorisations hybrides plus onéreuses a modifié un des avantages majeurs de Dacia : les tarifs. Or l’ADN de la marque repose précisément sur une promesse d’accessibilité. On se demande si l’augmentation des prix liée à cette électrification pourrait peser durablement sur la demande. Car ils ne redescendront pas. En cela, il ne faudrait pas que Dacia ouvre un boulevard aux constructeurs chinois...
Chinois : des croissances à trois chiffres
Car côté Chinois, la dynamique est totalement opposée. BYD bondit de 173% pour atteindre 17.630 unités. Jaecoo (groupe Chery) progresse de 365% à 7.193 ventes. Omoda, autre marque de Chery, grimpe de 197% à 6.596 unités. Quant à Leapmotor, désormais adossée à Stellantis, ses volumes s’envolent de 408% pour totaliser 4.249 voitures, portées notamment par le SUV compact B10.
Bien évidemment, ces hausses à trois chiffres ne suffisent pas encore à bouleverser les hiérarchies, mais elles traduisent l’accélération qui est en train de se produire et, surtout, la confiance que de plus en plus d’automobilistes européens placent dans les marques chinoises. Il est évident que le positionnement tarifaire très agressif des marques chinoises compte pour beaucoup dans cette croissance.
Les grands groupes européens en ordre dispersé
Tous les acteurs historiques ne sont pas à la peine. Fiat progresse de 24% grâce aux performances de la Grande Panda qui attaque sur les prix. Opel et Citroën, également positionnés sur cette base technique, gagnent chacun 13%. Skoda (+9,7%) et Renault (+5,2 %) performent aussi.
En revanche, Volkswagen cède 11%, soit 12.615 unités perdues sur un an. Un recul important en volume global qui ne l’empêche toutefois pas de conserver une position dominante sur le segment électrique, où la marque reste l’un des acteurs majeurs du marché européen. Hyundai et Kia reculent respectivement de -20% et -19%, chacun abandonnant plus de 8.000 ventes. Toyota (-8%), Cupra (-8,5%), BMW (-8,8%), Porsche (-12%), Volvo (-15%) et Nissan (-17%) affichent également des replis marqués. Tesla poursuit sa trajectoire baissière avec -17%.
Sur le plan énergétique, la photographie de janvier confirme la transformation du marché. Les modèles 100% électriques progressent de 14%. Les hybrides rechargeables continuent leur forte expansion entamée en 2025 : +32% en janvier, avec 98.042 unités vendues. Un volume désormais proche du Diesel, tombé à 105.949 immatriculations (-18%). Selon Dataforce, les modèles PHEV semblent ainsi avoir capté une large part de l’ancienne clientèle Diesel. L’essence recule de 12% tandis que les hybrides simples progressent de 4,4%.
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