Les développements autour de la conduite autonome continuent de susciter des remous, mais en coulisses, les constructeurs automobiles et les acteurs technologiques continuent de miser sur cette technologie. Pour cela, l'attention se porte de plus en plus sur le concept de robot-taxi. Ces taxis autonomes, qui circulent déjà dans des mégapoles telles que Shenzhen, Shanghai, Austin et San Francisco, sont considérés comme des éléments révolutionnaires. Et ce marché naissant semble une fois de plus pousser les marques occidentales à se lancer dans la course.
En collaboration avec Lyft
C'est en effet nul autre que le géant technologique chinois Baidu qui a annoncé son intention de lancer ses premiers services de robotaxis sur le sol européen en 2026. En collaboration avec le service américain de VTC Lyft (concurrent d'Uber), l'entreprise souhaite déployer ses véhicules autonomes dans les pays où les autorités nationales de régulation l'autorisent. La Belgique, pourtant ambitieuse en matière de conduite autonome, n'est pour l'instant pas dans le viseur. Il faudra plutôt se tourner vers Berlin ou Londres.
Mais l'Allemagne et le Royaume-Uni ne sont bien sûr qu'un début. L'entreprise vise en effet des milliers de taxis répartis dans les principales villes européennes. Ces robotaxis chinois veulent profondément redessiner le paysage de la mobilité dans toute l'Europe, avec des tarifs qui ne représentent qu'une fraction de ceux d'un taxi traditionnel : en Chine, ils s'élèvent à 0,4 yuan par kilomètre, soit un dixième d'un trajet normal !
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11 millions de trajets
La collaboration avec Lyft constitue une porte d'entrée stratégique sur le marché européen. Lyft, qui n'était jusqu'à récemment actif qu'aux États-Unis et dans quelques villes canadiennes, souhaite également renforcer sa position en Europe. La collaboration avec Baidu n'est qu'un volet parmi d'autres. Récemment, l'entreprise a racheté l'application de taxi Freenow, un partenariat entre BMW et Mercedes-Benz. Cette application est active dans neuf pays et dans plus de 180 villes. Cela ouvre donc beaucoup de portes d'un seul coup. Cette vente montre également que les marques automobiles classiques ont en fait déjà capitulé avant même que la bataille autour des robotaxis n'ait éclaté.
Car Baidu n'est pas un acteur mineur. La marque a commencé dès 2013 à développer des navettes et des taxis autonomes et est devenue un porte-drapeau de cette solution de mobilité, en particulier sur le marché chinois. Son système Apollo Go compte désormais plus de 11 millions de trajets à son actif, répartis dans quinze villes. Fin mai, l'entreprise a annoncé que sa flotte mondiale de robotaxis comptait un millier de véhicules. Depuis trois ans, les trajets sont également effectués sans conducteur.
Trop complexe ?
C'est une avance considérable. Le très médiatisé Robotaxi de Tesla n'a fait ses premiers pas, plutôt maladroits, sous surveillance humaine dans la ville texane d'Austin qu'en juillet dernier, avec une dizaine d'exemplaires seulement. Musk admet ouvertement qu'il trouve la réglementation européenne trop complexe pour s'y lancer pour l'instant. Et il a raison. Pour Baidu, notre législation locale et les autorisations qui l'accompagnent seront plus difficiles à obtenir que dans son pays d'origine.
Par ailleurs, Baidu semble sur le point d'être rejoint par des concurrents chinois. WeRide et Pony.ai ont également fait savoir qu'ils se préparaient à lancer des projets pilotes sur le sol européen. La principale réponse occidentale vient pour l'instant de Volkswagen, qui teste déjà à Hambourg des robotaxis basés sur l'ID. Buzz électrique, équipés de la technologie Mobileye. Trente véhicules circulent dans des zones délimitées, pour l'instant avec un chauffeur de sécurité à bord. Les trajets publics commenceront bientôt. L'Europe semble ainsi devenir le prochain théâtre de la course mondiale à la mobilité autonome.
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