Remplacer l’essence et le Diesel qui alimentent les moteurs thermiques : voilà l’espoir de nombreux chercheurs (et de nombreux constructeurs) qui voient dans cette alternative une manière de décarboner les moteurs à combustion. Jusqu’ici, on parle surtout de biocarburants obtenus à partir de matière végétale, soit de première main, soit de déchets. Mais il existe une autre alternative, celle des carburants synthétiques ou e-fuels entièrement fabriqués par l’homme.
Il existe plusieurs manières de fabriquer des carburants de synthèse et la plus en vue est bien évidemment une méthode décarbonée. En général, les fabricants associent soit du dioxyde de carbone capté dans l’air avec de l’hydrogène (vert de préférence). Concrètement, l’électrolyse permet d’obtenir l’hydrogène en craquant les molécules d’eau et il est ensuite recombiné au dioxyde de carbone pour créer un carburant liquide, 100% synthétique donc.
Une avancée sérieuse
Les e-fuels reviennent régulièrement sur la table. Et c’est normal, car leur utilisation permettrait effectivement de permettre au parc de voitures thermiques actuel de continuer à rouler, le tout en réduisant drastiquement les émissions de carbone puisque les carburants synthétiques sont considérés comme neutres – ce qui n’est pas tout à fait exact, mais on considère que le CO2 émis correspond à la quantité captée pour la fabrication.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Cela dit, le problème actuel, c’est que les e-fuels restent complexes à produire et qu’ils sont aussi très chers. On parle d’une bonne dizaine d’euros par litre. Pour l’automobiliste qui est presque incapable de payer un litre à plus de deux euros, c’est évidemment inenvisageable. Mais cette trajectoire qui semblait avortée pourrait bien être modifiée. Car des équipes de scientifiques des universités de Tohoku et d’Hokkaido (Japon) ont trouvé le moyen d’accélérer la transformation du dioxyde de carbone (CO2) en monoxyde de carbone (CO), ce qui permet de produire du « syngas », un gaz de synthèse. Et la bonne nouvelle, c’est que ce gaz peut ensuite être converti en carburant liquide, donc en carburant synthétique.
Il s’agit d’une avancée, car il faut savoir que le CO2 est une molécule très stable qui est difficile à faire réagir avec d’autres molécules. Les Japonais sont parvenus à découper le procédé en deux étapes : transformer le CO2 en monoxyde de carbone, plus facile à faire réagir avec l’hydrogène pour obtenir des hydrocarbures synthétiques bruts (proches du pétrole) et donc qui peuvent ensuite être raffinés, comme actuellement.
Jusqu’ici, convertir du CO2 en CO demandait 24 heures de procédé. Mais les chercheurs japonais sont parvenus à réduire fortement ce délai au point que leur méthode est tout à fait industrialisable. « 144 heures de fonctionnement en continu. Cette performance dépasse pour la première fois les seuils exigés pour une utilisation industrielle réelle », a souligné l’université de Tohoku dans un communiqué. Par contre, les chercheurs ne donnent aucune indication quant à l’impact sur les prix de cette industrialisation.
Les industriels qui souhaitent que le moteur à combustion poursuive sa route peuvent-ils avoir espoir ? Potentiellement, car il faudra voir si le procédé est effectivement industrialisé. Car tout dépendra en fait des politiques et des règlementations qui émergeront (ou pas) dans les prochains mois. Après, il faudra encore certainement travailler sur le rendement du puits à la roue des carburants synthétiques. Car là aussi, il y a un gouffre avec l’électrique : là où la voiture électrique présente une efficacité globale de 75%, les e-fuels (car le procédé de fabrication reste malgré tout énergivore) n’atteignent que 15%. Ça avance donc, mais il y a encore du boulot... et l’Europe ? Elle est à la traîne sur cette matière, au contraire de la Chine et du Japon.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be