Un moteur essence classique capable de descendre sous les 3,3 l/100 km ? On croirait revenir aux années 90, à l’époque des concepts monoplaces futuristes chaussés de pneus de vélo. Pourtant, nous sommes en 2026. Horse Powertrain — la coentreprise réunissant Renault, Geely et le géant pétrolier saoudien Aramco — a mis au point une toute nouvelle chaîne de traction hybride à l’efficacité record, basée sur le moteur équipant la Renault Clio.
Rendement record
Les chiffres interpellent. Les ingénieurs affirment avoir réduit d’environ 40 % les émissions par rapport à la moyenne des voitures particulières neuves immatriculées en Europe en 2023. Plus impressionnant encore : le rendement thermique maximal atteint 44,2 %, un niveau exceptionnel pour un moteur à essence.
Seul Toyota s’en approche, avec un rendement d’environ 40 % grâce à sa technologie hybride. La Toyota Yaris hybride consomme d’ailleurs environ un demi-litre de plus que le groupe motopropulseur développé par Horse.
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Sur le plan technique, la base n’a pourtant rien de révolutionnaire. Il s’agit d’une évolution du trois-cylindres 1,2 litre HR12 déjà utilisé dans plusieurs modèles du groupe : la Clio, mais aussi le Renault Espace ainsi que les Dacia Duster et Dacia Bigster.
Les ingénieurs ont notamment opté pour un taux de compression élevé de 17:1, un système de recirculation des gaz d’échappement revu, un turbo optimisé et un allumage plus puissant. De nouveaux lubrifiants permettent de réduire les frictions internes.
Une essence alternative
Mais l’aspect le plus singulier du projet concerne le carburant. Le moteur fonctionne avec de l’essence 100 % renouvelable. Malgré l’implication d’Aramco, celle-ci n’est pas issue du pétrole, mais produite à partir de déchets tels que des huiles de friture usagées et des résidus agricoles ou forestiers.
Il s’agit donc d’un biocarburant, même si Repsol indique qu’une essence synthétique produite en laboratoire pourrait également convenir. Dans une voiture de taille moyenne parcourant 12.500 km par an, cette combinaison permettrait de réduire les émissions jusqu’à 1,77 tonne de CO₂ par an par rapport à un modèle comparable utilisant un moteur thermique classique et un carburant fossile.
Ces carburants alternatifs compensent le CO₂ émis lors de leur production, même si la méthode de calcul reste sujette à débat.
Pour l’instant, leur disponibilité demeure limitée. Repsol commercialise ce carburant sous le nom Nexa 95 dans une trentaine de stations-service en Espagne. La production est aujourd’hui concentrée sur un site à Tarragone, mais de nouvelles installations sont prévues à Puertollano et Bilbao pour augmenter la capacité.
C’est là que réside le talon d’Achille du projet. La division Horse est capable de produire des milliers de moteurs, mais le secteur énergétique accuse du retard. En Belgique, ces « drop-in fuels » ne sont même pas disponibles commercialement. Certes, le moteur peut fonctionner à l’essence classique, mais le bénéfice en matière de CO₂ devient alors nettement plus faible.
Deux prototypes
Le calendrier de l’annonce n’est évidemment pas un hasard. Les voitures électriques progressent, mais moins vite que prévu. Ainsi, plus de 97 % du parc automobile européen reste composé de véhicules équipés d’un moteur thermique. Une hybride essence encore plus efficiente pourrait dès lors constituer une solution transitoire crédible.
Le moteur H12 a été développé par des équipes basées à Valladolid et Madrid. Deux prototypes ont déjà été construits et testés. Un premier véhicule de démonstration doit être présenté début 2026, première étape vers une éventuelle production industrielle.
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