L’alcool au volant, on en parle souvent. Mais quelle est la réalité belge ? Pour en avoir le cœur net, l’Institut VIAS a mené l’enquête. On apprend ainsi qu’un Belge sur septante prend encore le volant avec un taux d’alcool au-delà de la limite légale. Cela représente 1,4% des automobilistes, un chiffre en léger recul par rapport à 2018 et 2021 où on atteignait alors 1,6%. Mais derrière cette apparente stabilité, c’est surtout le fossé entre les régions qui interpelle : la Wallonie affiche un taux de 2%, soit 2,5 fois plus que la Flandre (0,8%) tandis que Bruxelles plafonne à 2,4%. Non seulement la part de conducteurs positifs est plus importante dans le sud du pays, mais leur alcoolémie moyenne est aussi plus élevée.
Ces données ont été recueillies auprès de plus de 8.300 conducteurs contrôlés de manière aléatoire et elles témoignent d’une réalité : une situation qui s’améliore au nord, mais qui se dégrade au sud. Cette hausse en Wallonie est préoccupante. Elle montre que les messages de prévention ne passent pas partout avec la même efficacité, alertent d’ailleurs les experts de VIAS.
Plus de danger la nuit
Si les chiffres globaux paraissent encore modérés, ils explosent lorsque l’on examine sur les déplacements nocturnes. En semaine, le taux de conducteurs positifs grimpe à 3,9% la nuit, contre 0,6% en journée. Et le week-end, la tendance s’accentue encore : on passe de 1,3% en journée à 7,2% la nuit. Cela signifie alors qu’un automobiliste sur quatorze roule alors avec un taux d’alcool supérieur à la limite autorisée.
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Ces résultats confirment le lien entre sorties nocturnes et conduite sous influence. Comme toujours, les comportements à risque se concentrent principalement lors des retours de soirées quand la vigilance baisse et que les alternatives – transports en commun ou taxis – sont peu utilisées ou moins disponibles. Le problème est toujours le même : beaucoup d’automobilistes pensent encore pouvoir gérer leur conduite après quelques verres. Or, on sait que ce n’est pas le cas. Les automobilistes belges figurent d’ailleurs parmi les plus mauvais élèves européens.
Les courts trajets surtout
L’étude de VIAS met également un autre phénomène en lumière : plus le trajet est court, plus le conducteur est susceptible d’être en infraction. Pas moins de 2,3% des automobilistes roulant moins de 15 minutes dépassent la limite légale, contre seulement 0,2% pour les trajets d’une heure ou plus. Un chiffre qui est aussi révélateur d’un sentiment d’impunité : les gens se disent que s’ils ne vont pas loin, ils ne risquent rien. Or, on sait aussi que c’est précisément lors de ces déplacements courts et familiers que la vigilance fait le plus souvent défaut.
Profil type : les 40 à 54 ans
L’analyse dévoile également des disparités en fonction du genre et de l’âge. Les hommes sont deux fois plus concernés que les femmes (1,7% contre 0,9%). Mais ce sont les conducteurs de 40 à 54 ans qui se révèlent les plus souvent positifs, à hauteur de 1,8%. Les plus jeunes (moins de 24 ans) et les seniors (65 ans et plus) présentent des taux similaires, autour de 1,1%.
Ces données bousculent donc aussi l’idée reçue selon laquelle les jeunes seraient les principaux auteurs de conduite sous influence. Et elles révèlent un relâchement chez une tranche d’âge censée être la plus responsable.
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