Commençons par la bonne nouvelle. Les chiffres de l'institut de la sécurité routière VIAS montrent que le nombre de délits de fuite diminue en Belgique. Pour la première fois depuis 2018. L'année dernière, VIAS a enregistré au total 4 596 cas de délits de fuite après un accident de la route ayant fait des blessés ou des morts dans notre pays. Cela représente une légère baisse de 5 % par rapport à 2023.
Toutes les deux heures
Mais les chiffres ne masquent pas le fait que le phénomène persiste. Si vous êtes victime d'un accident grave, vous avez 12,5 % de chances que le responsable prenne la fuite. Rien que l'année dernière, 21 personnes ont perdu la vie après une collision dont l'auteur s'est enfui. Le problème reste donc urgent. En effet, cela représente en moyenne douze incidents par jour, soit un toutes les deux heures.
Le risque n'est toutefois pas réparti de manière égale sur l'ensemble du territoire. La situation est la plus grave dans la Région de Bruxelles-Capitale. Là-bas, pas moins de 19 % des accidents corporels donnent lieu à un délit de fuite, contre 13 % en Flandre et 10 % en Wallonie. Selon Vias, ce n'est pas un hasard si des villes comme Bruxelles affichent des scores plus élevés. L'anonymat y est plus grand, il y a plus d'usagers de la route et donc plus de risques de conflits. « Cela augmente la tentation de prendre la fuite, surtout dans des circonstances chaotiques », explique l'organisation.
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Surtout les usagers vulnérables
Outre le lieu, le moment de l'accident a également son importance. La tentation semble plus grande après le coucher du soleil. Pendant les nuits de week-end, la proportion de délits de fuite dans les accidents avec blessés atteint 16,9 %, probablement en raison de l'obscurité et de la visibilité réduite. Les victimes sont principalement des usagers de la route vulnérables : 23 % sont des piétons, suivis par les conducteurs de trottinettes électriques (16 %) et les cyclistes (15 %).
Vias tente également de dresser le profil des auteurs de délits de fuite. Ceux-ci peuvent être classés en cinq grandes catégories. Le groupe le plus important, celui des « auteurs de délits de fuite incertains » (31 %), minimise la gravité de l'accident ou ne réalise pas qu'il est légalement tenu de s'arrêter. Les « auteurs de délits de fuite rationnels » (19 %) tentent délibérément d'échapper aux coûts ou aux conséquences juridiques. La panique (13 %) ou l'intoxication par l'alcool ou les drogues (13 %) sont d'autres explications possibles. Un groupe plus restreint (8 %) déclare s'être senti menacé au moment de l'incident. Malgré la gravité du délit de fuite, à peine un tiers des auteurs font l'objet d'un test d'alcoolémie après coup, ce qui laisse supposer que la proportion de conducteurs sous l'emprise de l'alcool est peut-être sous-estimée.
Les chances que les auteurs échappent à leurs responsabilités sont d'ailleurs de plus en plus faibles. L'année dernière, 86 % d'entre eux, soit la grande majorité, ont été identifiés, une augmentation que Vias attribue en grande partie à l'extension de la vidéosurveillance dans les rues et sur les terrains privés. À titre de comparaison, en 2010, seuls 71,4 % des auteurs de délits de fuite pouvaient être retrouvés.
Jusqu'à quatre ans de prison
Les sanctions sont lourdes. Toute personne prise en flagrant délit s'expose à une amende de 1 600 à 16 000 euros, à une interdiction de conduire de huit jours à cinq ans et à une peine d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à six mois, voire quatre ans en cas de décès. À cela s'ajoutent des examens de réparation obligatoires et une mention au casier judiciaire, ce qui peut avoir des répercussions sur la vie professionnelle. Les assureurs peuvent en outre refuser ou réclamer le remboursement des indemnités versées.
Selon VIAS, qui avait déjà souligné la honteuse situation de Bruxelles dans les statistiques, une approche plus stricte est nécessaire. Selon l'organisation, le risque d'être pris doit être augmenté et les sanctions doivent être prononcées plus rapidement. Aujourd'hui, il faut souvent attendre un an avant qu'une affaire soit portée devant les tribunaux.
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