En 2024, 206 personnes ont perdu la vie sur les routes wallonnes. Un chiffre en baisse d’un tiers depuis 2019, mais qui est malheureusement reparti à la hausse sur la première partie de 2025. Pour les autorités, c’est donc un échec, car cela nous éloigne de l’objectif européen de zéro mort en 2050. Pour l’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR) l’affirme : la vitesse reste l’un des premiers facteurs de risque, car elle est à l’origine de 30% des accidents mortels.
Pour l’AWSR, il apparaît que les routes limitées à 90 km/h concentrent à elles seules 35% des décès et que les collisions y sont trois fois plus graves qu’en agglomération. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée d’abaisser la limitation à 70 km/h sur une partie du réseau wallon qui est actuellement normé à 90 km/h.
La Flandre en exemple
Il faut se rappeler que la Flandre a opéré ce virage dès 2017 : le 70 km/h y est devenu la règle générale hors agglomération tandis que le 90 km/h n’est plus qu’une exception, clairement signalée. Selon les études, ce modèle serait simple et lisible et il aurait contribué à une meilleure discipline routière.
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En Wallonie, la topographie et la densité du réseau ne permettent toutefois pas une transposition intégrale. Dès lors, qu’en est-il de l’entrée en vigueur de cette règle unique (ou majoritaire) des 70 km/h ? Le Conseil supérieur wallon de la sécurité routière (CSWSR) plaide pour une approche progressive. L’idée est la suivante : classifier et hiérarchiser les routes et adapter les vitesses selon leur environnement, avec un déploiement par étapes à partir de 2027.
Mais cet aménagement va prendre un certain temps. En effet, le cadre réglementaire doit d’abord être révisé en 2026 avant la finalisation d’une cartographie régionale. Les routes communales suivront en 2028. Il ne sera donc pas question de basculer vers le nouveau modèle du jour au lendemain, mais d’introduire le 70 km/h là où cela a du sens. Le CSWSR souhaite également expérimenter des limitations dynamiques qui sont ajustées en fonction du trafic, des conditions météo ou de la présence de chantiers.
Des contrôles encore renforcés
Cela dit, limiter la vitesse ne suffit pas : il faut aussi la faire respecter. Aujourd’hui, seuls 30% des automobilistes estiment probable d’être contrôlés pour excès de vitesse. Les autorités veulent donc intensifier et rendre plus visibles les contrôles, notamment à travers les « marathons de la vitesse », ces opérations médiatisées qui augmentent la vigilance des conducteurs. Et, bien évidemment, même si ce n’est pas dit, l’accroissement des contrôles automatiques va aussi continuer. Et pour les décideurs, cela semble coule de source : la crainte de la sanction reste plus dissuasive que la peur de l’accident.
Les communes au cœur
Cela dit, le succès de cette mesure du plan de sécurité routière dépendra aussi des pouvoirs locaux. Les communes auront accès à une cartographie précise des accidents et des victimes afin d’adapter leur politique de sécurité routière. Elles pourront ainsi cibler les zones à risque, les abords d’écoles ou les passages piétons dangereux. Des moyens techniques et financiers seront mis à leur disposition pour concrétiser ces initiatives. Pour le ministre wallon de la Sécurité routière, François Desquesnes (Les Engagés) « chaque mesure vise avant tout à sauver des vies et à éviter des drames humains ». L’intention est belle, mais comment ne pas verser non plus dans l’abus de pouvoir, comme c’est le cas en Flandre avec la multiplication des radars-tronçons pour surtout faire rentrer de l’argent dans les caisses ?
D’autres mesures pour le plan
Au-delà de la réduction de la vitesse de 90 km/h à 70 km/h, le CSWSR a défini six autres axes d’action. La première concerne la sécurité des usagers dits « actifs » – piétons, cyclistes, utilisateurs de trottinettes. Leur part parmi les victimes graves est passée de 17 à 24% en dix ans. Pour eux, le plan prévoit d’améliorer l’éclairage et la visibilité des passages piétons, de renforcer la sécurité des trajets domicile-école et de mieux aménager les chantiers pour protéger ces usagers vulnérables.
Un deuxième volet vise la sécurisation des zones à risques. De nouveaux outils permettront de repérer les points noirs sur base de données d’accidents, mais aussi du ressenti des riverains. Ces informations guideront l’installation de feux, de radars ou de ronds-points à des carrefours dangereux.
Enfin, la sensibilisation sera elle aussi renforcée. Des campagnes ciblées toucheront différents publics, des jeunes conducteurs aux seniors, tandis que les entreprises seront incitées à former leurs employés et à moderniser leurs flottes, notamment avec des véhicules équipés de détection des angles morts. Enfin, la Wallonie souhaite renforcer la visibilité policière et responsabiliser les communes dans la mise en œuvre de politiques locales durables de sécurité routière. À suivre, car on ne peut pas dire que les finances de la région comme des communes soient majoritairement dans le vert..
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