Sur les autoroutes flamandes, une page se tourne. L’Agentschap Wegen en Verkeer (AWV) a décidé de revoir en profondeur les panneaux qui surplombent les voies de circulation et le changement le plus visible concerne les flèches directionnelles. Elles pointeront désormais systématiquement vers le haut, quelle que soit la configuration de la route.
L'argument tient en une phrase VIAS : une flèche orientée vers le bas laisse croire au conducteur qu'elle décrit sa position immédiate, alors qu'elle annonce souvent un choix à faire plusieurs kilomètres plus loin. Cette confusion peut générer des manœuvres brusques, des changements de bande tardifs et des freinages inutiles. En uniformisant le sens des flèches, l'AWV espère des réactions plus naturelles, calquées sur ce que les automobilistes pratiquent déjà avec leur GPS. VIAS indique aussi que cela pourrait fluidifier le trafic. D’accord, mais il y a des limites et les embouteillages ne se résolvent pas non plus avec un panneau.
Le vert-jaune s'efface
Autre symbole qui va disparaître progressivement : le panneau vert et jaune annonçant les sorties d'autoroute. Il sera remplacé par le pictogramme noir et blanc utilisé à l'international. Les panneaux de distance, eux, seront allégés : certaines destinations de transit seront tout simplement supprimées pour ne conserver que l'essentiel. L’objectif revendiqué est celui d’une lisibilité supérieure, en un coup d’œil. Autre avantage pour l'AWV : l’abandon des panneaux à éclairage interne au profit de panneaux réfléchissants jugés tout aussi lisibles et qui ne consomment évidemment pas d’énergie une fois la nuit venue. Il y a donc aussi des économies à la clé.
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Copié sur les voisins
Ces choix de panneaux ne sortent pas de nulle part. L'AWV assume s'être largement inspiré des pratiques déjà en vigueur aux Pays-Bas, en Allemagne et en France où ces principes de lisibilité font leurs preuves depuis des années. L'intérêt est réciproque, un conducteur étranger s'orientera plus facilement en Flandre et un Flamand retrouvera les mêmes repères une fois la frontière franchie. L’idée est bonne sur le papier... mais elle ne sera toutefois pas appliquée à l’échelle du pays.
Chacun sa route
La Wallonie a bien été consultée, l'AWV assure avoir comparé son cadre au sien avant de décider. Bruxelles, en revanche, n'a fait l'objet d'aucune concertation avec l'argument avancé étant le nombre négligeable de panneaux autoroutiers concernés dans la région. Et c'est là que la démarche agace autant qu'elle surprend. Car on ne cesse de réclamer plus de concertation entre régions, plus d'alignement, plus de cohérence sur les dossiers qui touchent tous les Belges. Ici, c'est l'exact inverse qui se joue. On perd en lisibilité, on perd en unicité et ce n'est pas qu'une affaire belgo-belge. Un automobiliste étranger qui traverse la Wallonie puis la Flandre aura tout simplement l'impression de changer de pays en cours de route. Bel exemple de fédéralisme routier.
Pas tout de suite
La transition ne sera pas immédiate. Les premiers panneaux nouvelle génération apparaîtront sur les grands chantiers du ring d'Anvers et de Bruxelles, avant de se généraliser au fil des nouveaux projets d'infrastructure ou du remplacement de panneaux endommagés ou vieillissants. Il faudra donc plusieurs années avant que le réseau flamand soit uniformisé. Simplifier la route prend décidément du temps en Belgique...
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