Les conducteurs de voitures électriques oublient parfois qu’ils ont une pédale de frein

À bord d’une voiture électrique, la pédale de frein devient presque superflue, surtout lorsque la récupération d’énergie est réglée au maximum ! Mais cette habitude n’est pas sans risque, révèle une étude allemande.

Publié le 16 juillet 2026
Temps de lecture : 4 min

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Les conducteurs de voitures électriques oublient parfois qu’ils ont une pédale de frein

Conduire une voiture électrique demande peu d’efforts, surtout par rapport à un modèle essence ou diesel équipé d’une boîte manuelle. Il n’y a pas de pédale d’embrayage et, bien souvent, la pédale de frein ne sert que rarement ! À condition, du moins, d’utiliser correctement la conduite à une pédale.

Sur la plupart des voitures électriques, il est en effet possible de régler l’intensité de la récupération d’énergie lorsque l’on relâche l’accélérateur. Au niveau maximal, la décélération est souvent comparable à celle d’un freinage classique ! Les feux stop s’allument généralement aussi pour prévenir les véhicules qui vous suivent. Sur de nombreux modèles, ce système permet même d’immobiliser complètement la voiture sans toucher à la pédale de frein !

La conséquence directe ? De nombreux conducteurs de voitures électriques perdent le réflexe de déplacer le pied droit vers le frein lorsqu’un arrêt d’urgence s’impose ! C’est ce qui ressort d’une étude du Gesamtverband der Deutschen Versicherungswirtschaft (GDV), la fédération allemande des assurances. Les chercheurs ont comparé les accidents impliquant différentes motorisations et croisé ces données avec les réponses de plusieurs centaines d’automobilistes.

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Deux types d’accidents restent très fréquents

Deux catégories d’accidents semblent nettement plus fréquentes avec les voitures électriques. La première concerne la confusion entre les deux pédales. Certains conducteurs oublient de freiner, habitués à voir la voiture ralentir dès qu’ils relâchent l’accélérateur. D’autres appuient trop brutalement sur l’accélérateur au moment de démarrer.

Le couple élevé, disponible immédiatement, peut alors provoquer des chocs bien plus violents qu’on ne l’imaginerait lors de manœuvres à faible vitesse ! Fait marquant : plus de la moitié des conducteurs concernés ont plus de 75 ans.

Les voitures électriques sont aussi davantage impliquées dans des accidents avec des piétons à moins de 20 km/h. Ceux-ci surviennent surtout lors de marches arrière, de changements de direction dans l’obscurité ou à l’entrée et à la sortie d’allées et de parkings. Pour les chercheurs, le silence des voitures électriques joue un rôle, malgré l’obligation de produire un son artificiel à basse vitesse pour avertir les piétons et les cyclistes.

Pas plus dangereuses pour autant

L’étude ne conclut toutefois pas que les voitures électriques sont moins sûres que les modèles thermiques. Leurs conducteurs adopteraient même souvent un comportement plus prudent, notamment parce qu’ils anticipent davantage.

Les statistiques indiquent aussi que les voitures électriques sont moins souvent impliquées dans des accidents causés par l’alcool ou la drogue, par un dépassement dangereux, une mauvaise appréciation d’un virage ou une perte de contrôle sur chaussée glissante. D’après cette étude allemande, les conducteurs de voitures électriques sont en moyenne plus âgés et circulent moins souvent sur autoroute.

Les modèles électriques étant généralement plus lourds en raison de leur imposante batterie, mais aussi plus récents et donc équipés de davantage de systèmes de sécurité active, leur sécurité active comme passive est considérée comme meilleure.

Le revers de ce poids élevé, c’est que les autres personnes impliquées dans l’accident subissent souvent un choc plus violent ! Lorsqu’une voiture électrique percute un véhicule plus petit et plus léger, un piéton ou un cycliste, le risque de blessure augmente.

AVAS-Acoustic Vehicle Alerting Systems-in-EV

Recommandations

La fédération allemande des assureurs recommande de revoir la réglementation actuelle sur le système AVAS, qui impose aux voitures électriques d’émettre un son à moins de 20 km/h. Elle plaide non seulement pour un son plus puissant, mais aussi pour une tonalité plus proche de celle que l’on associe habituellement à une voiture ! Elle demande également qu’un signal visuel extérieur indique clairement que le véhicule est prêt à démarrer, afin d’alerter davantage les autres usagers.

La fédération demande enfin un système capable de limiter les conséquences d’une confusion entre les pédales. Une piste serait d’empêcher toute accélération brutale lorsqu’un obstacle ou une personne se trouve devant la voiture. Le véhicule devrait également émettre un signal dans l’habitacle dès qu’il est prêt à rouler.

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Par Hans Dierckx Rédacteur automobile

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