On le sait : les voitures de société qui circulent en Belgique sont majoritairement immatriculées en Flandre, lieu « de résidence » de la majeure partie des sociétés de leasing. Cette réalité a à nouveau été abordée par le député Bruno Lefèbvre (PS) en Commission au Parlement de Wallonie. En réalité, la Wallonie se sent lésée sur la question de la fiscalité automobile avec des dizaines de milliers de voitures qui arpentent son territoire sans payer la moindre taxe à la région. Selon une étude datant de 2022 réalisée par la cellule fiscale du gouvernement wallon avec le Tax Institute de l'ULiège et le DULBEA de l'ULB, cela représenterait un manque à gagner de 47 millions d’euros par an. L’étude estimait qu’à l’époque, 92.889 véhicules de leasing conduits par des Wallons – mais c’est sans doute plus. Alors, forcément, avec un budget régional rouge vif, ça crispe...
Trois clés
Pourquoi la Wallonie n’a telle pas droit à cette manne ? En réalité, la loi spéciale de financement de 1989 a posé un verrou : la fiscalité du leasing ne peut bouger sans accord de coopération des trois Régions. Le véhicule étant taxé là où il est immatriculé, et plus de 99 % des sociétés de leasing étant établies en Flandre et à Bruxelles, les recettes filent vers le nord. Pour les récupérer, il faudrait que la Flandre et Bruxelles renoncent volontairement à de l'argent, ce qui, évidemment, n’est pas une option pour ces régions. Sans blague ?
Cela dit, cette loi de financement a bon dos. Car il ne faudrait pas escamoter les raisons essentielles de cette situation. Si les flottes se sont domiciliées au nord, ce n'est pas par malveillance flamande : c'est que la Flandre a modernisé sa fiscalité depuis longtemps, là où la Wallonie est restée arrimée à une taxation calée sur la puissance, héritée du siècle dernier. Les sociétés de leasing ont fait leur calcul, pour elles et pour leurs clients, et elles ont choisi le cadre le plus avantageux. La concentration au nord n'est pas la cause du déséquilibre. Elle en est la conséquence.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Et la réforme rate sa cible
La Wallonie a eu maintes fois l’opportunité de bouger et de changer les choses. Mais ça ne s’est pas produit. Ou alors, ça s’est mal produit. Car la réforme de la taxe de mise en circulation entrée en vigueur le 1er juillet 2025. Sauf qu'elle n'a revu que cette taxe-là, pas la taxe de circulation annuelle, toujours fondée sur les chevaux fiscaux. Et surtout, la nouvelle formule alourdit massivement la note des électriques lourdes et puissantes, précisément celles des flottes : la mise en circulation d'une Tesla Model Y a bondi de 61,50 à près de 1.170 euros. Comble de l'ironie, les véhicules immatriculés au nom d'une société de leasing flamande échappent à tout cela. La Wallonie taxe donc surtout ceux qui lui sont restés fidèles.
Certes, l'écart s’est resserré, car la Flandre a mis fin début 2026 à l'exonération de ses électriques. Mais ce que cherchent les entreprises, ce ne sont pas des montants : c'est de la prévisibilité et de la compétitivité. Ça, la Wallonie ne l'a semble-t-il toujours pas compris.
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar