Vendue comme un moyen de faire contribuer les automobilistes étrangers au réseau routier, la vignette belge devait rester sans effet sur le portefeuille des Belges. Sauf que les calculs montrent tout autre chose. Qui va payer, où et combien dès 2027 ?
Taxes
Les automobilistes belges savent qu’en 2027, une vignette routière sera instaurée. Dans le cadre de son accord budgétaire, le gouvernement wallon vient de lever une série de questions tout en réformant cette fois la taxe de circulation. Pour une neutralité ? Pas tout à fait. Voici qui va payer plus et qui va payer moins...
À chacun son tour : après la Wallonie et dans le sillage de la Flandre, Bruxelles revoit à son tour sa taxation automobile, dès le second semestre 2027. Et comme on pouvait s'en douter, le système retenu ne ressemble ni au flamand ni au wallon. Il y aura des gagnants et des perdants.
En Belgique, le Diesel bat des records à la pompe que le reste de l'Europe ne connaît pas. Si le plein coûte ici plus cher, c'est le fruit d'une décision politique et pas du seul pétrole comme le montrent les chiffres de la Commission européenne. L’automobiliste n’a qu’à payer.
Un gouvernement européen vient d’exonérer 14 millions de véhicules de la taxe de circulation pour amortir l’envolée des prix des carburants. Le geste étonnant, mais il est pourtant savamment calculé. Et il montre aussi quelque part pourquoi la Belgique n'ose pas s'attaquer aux accises.
Jamais la Belgique n’a compté autant de voitures de société. Le parc frôle désormais les 590.000 unités et continue de grimper. Et la moitié du parc est désormais électrique. Mais pour les bénéficiaires, il y a un risque. Car le fédéral cherche des milliards et lorgne précisément cet avantage.
La vignette routière belge est censée arriver en 2027, mais des experts en mobilité alertent déjà les gouvernements régionaux. Pour eux, c'est la taxe au kilomètre qu'il faudrait privilégier, plus juste. Reste une question : comment empêcher la fraude au compteur kilométrique ?
En Belgique, un conclave budgétaire à haut risque s'ouvre début octobre. Cet exercice doit permettre au gouvernement de trouver dix milliards d’euros. Or, il apparaît qu’une seule niche fiscale pourrait presque en couvrir la moitié. Si cette option est suivie, qui va payer ?
La Belgique n'a pas besoin du feu vert de l'Europe pour lancer sa vignette. Voilà pour la bonne nouvelle. Car l'Europe se réserve de juger le système une fois en place, et si le verdict tombe après coup, l'addition pourrait se compter en centaines de millions. L'Allemagne en sait quelque chose.
Trente millions de véhicules étrangers traversent la Belgique chaque année sans payer un centime pour nos routes. La vignette devait corriger ça. Mais à trop se concentrer sur l'étranger, on a peut-être oublié de regarder ce qu'elle coûte au conducteur belge. Et ça énerve manifestement les patrons et les syndicats flamands.
Faudra-t-il être connecté pour rouler en règle sur les routes belges à partir de mai 2027 ? La question taraude bon nombre d'automobilistes depuis l'annonce de la vignette. Car celle-ci s'acquiert de manière 100 % numérique, ce qui pourrait laisser pas mal de Belges sur le carreau.
Le pays qui a le plus dépensé pour imposer la voiture électrique découvre aujourd'hui une addition qu'il n'avait peut-être pas vue venir. En Chine, les routes s'usent plus vite et les caisses de l'État se vident. Un scénario que la Belgique connaîtra probablement elle aussi. Mais avec quelles conséquences ?
Il ne reste que quelques mois avant que le régime favorable aux voitures électriques de société ne change pour de bon en Belgique. Ce que beaucoup de dirigeants ignorent, c'est qu'une signature posée en décembre 2026 plutôt qu'en janvier 2027 peut impacter leurs comptes.