Peu d'acheteurs accepteraient d'acquérir une voiture déclarée en perte totale après un accident grave. La réponse est certainement non. Et c’est la raison pour laquelle la vigilance doit être de mise, spécialement sur le marché de l’occasion.
Il apparaît aujourd’hui qu’une partie de l'offre est en effet constituée de voitures ayant eu un grave accident en Amérique du Nord et que celles-ci ont été déclarées pertes totales. Or, certains acheteurs européens importent ces épaves ici puis les font réparer dans des pays à bas coûts comme la Lituanie ou la Roumanie. Et ils les proposent ensuite en Europe de l'Ouest en les présentant comme de très bonnes affaires.
Il ne faut pas se voiler la face : il s'agit principalement de voitures de luxe allemandes parmi lesquelles des BMW Série 7, des Mercedes GLS ou des Audi A7. Pour ces modèles, la plus-value par rapport au prix d'achat de l'épave est suffisamment élevée pour rentabiliser le coût de réparation même en maintenant un prix de vente particulièrement bas. Donc attractif.
Il arrive bien sûr que les réparations aient été parfaitement exécutées. Et que l’acheteur n’aie donc pas de surprise. Mais mieux vaut savoir à quoi s'en tenir. Heureusement, il existe des moyens pour vérifier si la séduisante voiture de luxe a un jour été pulvérisée sur le sol américain.
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Le numéro de châssis
L'option la plus sécurisante est de vérifier le numéro de châssis, appelé VIN dans le monde anglophone (Vehicle Information Number). Il s'agit du code unique que possède chaque voiture et qui figure à la fois physiquement sur le véhicule ainsi que sur les documents de bord officiels.
Il se trouve que les sites américains sur lesquels les épaves sont mises aux enchères mentionnent souvent ce numéro de châssis, ce qui le rend identifiables via une simple recherche Google. Dès lors, si une requête mène droit à des photos d’une voiture totalement détruite et des airbags déployés, l’acheteur pourra directement savoir ce qui lui est arrivé. Il faut noter par ailleurs que ce type d’importation entre souvent en Europe avec des papiers allemands. L’objectif est de les immatriculer et de les remettre en circulation après réparation.
Des détails qui tuent
Cela dit, au-delà de la recherche sur internet, certains détails peuvent aussi trahir ce type de véhicule réhabilité. Car la législation américaine impose souvent quelques aménagements techniques qui sont facilement identifiables.
Ainsi, les catadioptres des phares et dans les pare-chocs sont toujours de couleur orange. Et c’est la même couleur qui prévaut pour les clignotants dans les blocs optiques avant. Par ailleurs, les pare-chocs des voitures américaines présentent souvent une surface réduite pour apposer la plaque d’immatriculation qui est souvent de format carré.
Ces caractéristiques visuelles ne sont toutefois pas des indices fiables à 100%. Car il arrive que les réparateurs aient modifié ces éléments et les aient échangés avec des pièces européennes. C’est d’ailleurs pratiquement toujours le cas lorsque la voiture a été fortement endommagée.
Un autre indice tient dans les compteurs dont l’affichage se fait en miles (uniquement pour les voitures des États-Unis, car celles du Canada ont quant à elles un compteur kilométrique comme chez nous). Mais, encore une fois, les pistes peuvent être brouillées, surtout avec les modèles qui disposent d’une instrumentation numérique. C’est donc une question de programmation. Par ailleurs, les voitures américaines disposent souvent d'une petite boussole digitale insérée dans le rétroviseur intérieur ou d'autocollants d’information pour les airbags sur les pare-soleil ou encore d'une télécommande intégrée pour déverrouiller une porte de garage. Autant de détails qui doivent retenir l’attention.
Avoir un regard critique
Au bilan, c’est donc comme pour toutes les voitures d’occasion : il faut conserver un regard particulièrement critique. Il faut noter que les voitures d’occasion les moins risquées sont celles issues de notre territoire ou des Pays-Bas, car dans ces deux régions l'historique du kilométrage est soigné et obligatoire. Cela permet de s'assurer que le kilométrage n'a pas (ou peu) été falsifié et que la voiture n’est pas issue d’une filière à risque.
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