Une vidéo de l’interview de Jean-Luc Moreau, spécialiste des problématiques liées à l’automobile propre réalisée par nos confrères des Petites Observations Automobiles (POA), permet de faire un point sur la situation actuelle.

Présenté comme Ministre de l’Ecologie de POA, pour Jean-Luc Moreau, oui, les hybrides rechargeables sont une aberration écologique, dont la mission principale est de faire du “greenwashing” de l’image des constructeurs. Pour soutenir cette affirmation, M. Moreau souligne que ce type de voitures profitent de chiffres de CO2 officiels très favorables (en général à peu près la moitié de ceux d’une version essence équivalente), car les mesures effectuées partent du postulat que chaque propriétaire aura à cœur de soigneusement recharger ses batteries aussi souvent que possible, et ainsi minimiser la consommation de carburant fossile.

Or toujours d’après M. Moreau (et on peut supposer qu’il a raison), il n’en est rien. Seule une minorité de propriétaires d’hybrides plug-in ont adopté ce comportement éthique. Moralité, ces voitures roulent en général avec des batteries vides, sur la seule force du moteur thermique, qui trainent le poids mort de ces batteries et consomment donc plus que des versions essence ou diesel classiques. C’est d’ailleurs ce qui a poussé les Pays-Bas à revoir leur fiscalité, trop favorable à ce type de véhicule, après que les dirigeants se soient rendus compte que dans les faits, bien peu d’usagers chargeaient effectivement leur voiture.

Le Ministre isole cependant deux exceptions, des voitures aux performances écologiques réelles : la Toyota Prius Plug-In et la Hyundai Ioniq Plug-in.

Enfin, dans cette même interview, M. Moreau démonte la croyance populaire selon laquelle le bilan écologique total de la voiture électrique, de l’extraction des matériaux dont on fait les batteries, au recyclage de la voiture, en passant par sa fabrication et son utilisation, serait pire que celui d’une voiture thermique. Selon lui, c’est totalement faux, et il affirme que même en utilisant l’électricité la plus carbonée qui soit (il cite l’électricité polonaise, produite à partir de vieilles centrales au charbon), la voiture électrique reste, au total, 30% plus “propre” que la voiture thermique. Des chiffres corroborés par l’une des rares études objectives sur le sujet menée par l’ONG Transport et Environnement en collaboration avec la KU Leuven en 2017.

Le seul problème est qu’il existe des centaines d’études contradictoires sur le sujet, financées par des intérêts divers, donc on ne sait pas vraiment qui croire…