Nous sommes en février 1969. L’équipe d’usine de la Porsche 908 est la grande favorite des 24 Heures de Daytona. La course a été préparée avec soin par les ingénieurs de Stuttgart et le projet a bénéficié de très gros budgets. Et puis il y a aussi l'outsider : la Lola Sunoco de Roger Penske, pilotée par Mark Donohue et Chuck Parsons. Les deux hommes sont simplement venus faire ce que Penske leur a demandé : tenir bon dans la course.
Et c'est exactement ce qu'ils ont fait. Les Porsche ont capitulé les unes après les autres, toutes sur problèmes techniques. La Lola T70 Mk3B les a toutes battues et elle a remporté les 24 Heures de Daytona. Cette belle histoire, le monde de la course automobile la conserve précieusement depuis soixante ans. Mais elle reste peu connue en dehors de ce cercle.
Canne à sucre et roche volcanique
Mais l’histoire pourrait en cacher une autre. Car, tout comme Jensen, la marque britannique Lola veut se relancer. À ces fins, elle va proposer deux nouvelles versions de la T70 : la S et la GT. Il y aura au total 16 exemplaires, répartis entre une version course et une version route (GT) annoncée comme réellement utilisable pour des balades dominicales. Chose surprenante : la silhouette de la nouvelle Lola est quasi identique à celle du modèle originel. Et c’est normal : les designers de Lola ont utilisé des archives et des scans 3D d'une version Mk3B originale pour reproduire chaque trait à l'identique. Cela dit, on s’en doute, ce qui se cache sous la carrosserie ne date absolument pas des années 1960.
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La GT reçoit en effet un V8 de 6,2 litres d'origine Chevrolet. Il développe 500 ch et 617 Nm et est couplé à une boîte manuelle à six rapports. Le 0 à 100 km/h est expédié en 2,9 s et la vitesse de pointe atteint les 322 km/h. La version destinée à la compétition utilise un bloc plus compact, mais aussi plus rageur de 5 litres (0-100 en 2,5 s, 327 km/h). Mais c’est surtout le poids qui étonne : avec 890 kg, cette supercar pèse moins qu'une Mazda MX-5.
Expérience analogique
Cette légèreté est le résultat de choix particulièrement inattendus de la part des ingénieurs. En effet, Lola a développé une approche tout à fait singulière (Lola Natural Composite System) et avec laquelle la fibre de verre est remplacée par des fibres végétales qui sont en réalité des fibres de basalte issues de roches volcaniques et d’une résine fabriquée à partir de résidus de canne à sucre. Pas de fibre de carbone donc. Avec ce procédé, Lola affirme que les émissions de CO2 sont réduites de 54% lors de la production par rapport aux méthodes courantes. Et ce n’est pas du marketing, car ce chiffre a été confirmé par des auditeurs indépendants.
En revanche, pas la peine de chercher Apple CarPlay ou de compter sur des aides à la conduite ou une boîte à double embrayage. Les clients auront toutefois droit à une climatisation et des revêtements en alcantara. La suspension et le moteur peuvent selon Lola parfaitement s'accommoder d'un usage routier normal, sans pour autant renier une utilisation sur circuit. L'expérience de conduite est revendiquée comme « totalement analogique ». Le prix de la nouvelle Lola n'a pas encore été communiqué.
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