Dans la transition énergétique et numérique, les terres rares sont des minerais très importants, car ils sont souvent indispensables pour des applications comme les aimants permanents (éoliennes, moteurs des véhicules électriques), les catalyseurs, les poudres à polir et de nombreux composants électroniques (écrans, smartphones, etc.). Sauf qu’actuellement, c’est la Chine qui détient le monopole d’extraction et de traitement de ces minerais. Et l’empire du Milieu joue sur cette dépendance avec l’Europe, comme avec les États-Unis.
C’est dans ce contexte tendu que le MR vient de faire une proposition pour le moins étonnante en se fondant sur une étude menée par son centre d’expertise Jean Gol : rouvrir les entrailles de nos sols pour exploiter ces ressources qui seraient aussi présentes en quantité si on en croit la cartographie dressée par l’étude, notamment en Wallonie.
Un potentiel oublié ?
Le géologue Éric Pirard (ULiège) du Centre Jean Gol souligne le potentiel minier oublié du pays : la Wallonie est bien plus riche géologiquement que le nord de la France ou les Pays-Bas et elle abriterait des gisements de plomb, zinc, manganèse, germanium, voire de phosphates autour de Mons. Mais il rappelle aussi qu’on ne découvre des gisements exploitables qu’une fois sur mille et que les phases d’exploration peuvent durer jusqu’à... vingt ans ! Conclusion : avant d’attirer les investisseurs, il faut d’abord mieux connaître nos sols.
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Une ambition européenne
Cette initiative belge s’inscrit dans le sillage du Critical Raw Materials Act européen, qui fixe à ses membres l’objectif et d’ici 2030 d’extraire à domicile 10% des métaux critiques qu’ils consomment. Et les terres rares sont évidemment concernées. La Belgique doit donc, elle aussi, remettre rapidement un plan d’exploration en marche. Pour le président du MR, Georges-Louis Bouchez, l’exploitation de terres rares est comparable à la révolution nucléaire : d’abord jugée irréaliste, elle s’impose aujourd’hui comme une priorité stratégique.
Mais le MR va encore plus loin dans sa démarche et il propose aussi de réécrire le code minier wallon pour simplifier les démarches et attirer des entreprises capables de mener des projets d’extraction à long terme. Le MR se veut rassurant et évoque des mines souterraines entièrement robotisées, invisibles en surface et à faible impact environnemental. Ce qui reste évidemment à prouver. Car ailleurs en Europe, ce sont souvent des bras de fer qui opposent les locaux aux industriels, comme pour le lithium.
Réaliste ?
Si le MR parle d’opportunité stratégique, on peut toutefois se demander si ce type de projet est réaliste, et ce pour plusieurs raisons. Il y a d’une part le coût du travail en Belgique pour pourrait rendre ces exploitations peu rentables, mais aussi le coût environnemental, car cette activité est consommatrice en eau, en énergie et en produits chimiques polluants. Ce n’est pas un discours écolo, juste une réalité et ça signifie que les processus mis en place en Belgique pourraient être beaucoup plus coûteux que ceux en Chine. La rentabilité pourrait devenir très hypothétique sur ce type de projet.
En outre, l’innovation pourrait aussi déjouer cette perspective. Car les industriels de l’électronique et du secteur automobile trouvent des solutions pour utiliser de moins en en moins de terres rares, voire plus de terres rares du tout, notamment pour les moteurs des voitures électriques. À voir donc si la Belgique rouvrira des mines ou pas.
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