Ceux qui dirigent aujourd'hui des équipes automobiles dorment mal. C’est la conclusion du « Disruption Index 2026 », une étude menée par le cabinet de conseil AlixPartners. Il apparaît que pas moins de quatre dirigeants sur dix dans l’industrie automobile se disent sérieusement inquiets pour leur emploi. Ce secteur surpasse largement tous les autres : en moyenne, dans des domaines comme le commerce de détail ou la technologie, cette proportion s’élève à 28 %.
Cette crainte n’est pas infondée. Pour la deuxième année consécutive, l’automobile est désignée comme le secteur le plus chamboulé au monde. La transition vers l’électrique, l’essor des véhicules pilotés par logiciel et une concurrence féroce forment une tempête parfaite. Selon Dan Hearsch d’AlixPartners, les règles du jeu changent tellement rapidement que l’expérience devient presque un handicap. « Quand vous lancez un produit qui exige des compétences, des méthodes de test et des rythmes totalement différents, c’est toute l’organisation qui est bouleversée », explique-t-il.
Hécatombe allemande
Ce changement d'approche frappe particulièrement les marquesq automobiles allemandeS. pas un concept abstrait apparaît cruellement chez nos voisins de l’Est. L’industrie allemande, longtemps moteur de l’économie européenne, ne tousse pas seulement : elle saigne. Un autre rapport du géant du conseil EY dresse un tableau sombre : depuis 2019, 266.000 emplois ont disparu dans l’industrie allemande. L’automobile vit donc une période particulièrement chaotique.
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Plus de 111.000 de ces suppressions de postes concernent les constructeurs automobiles et leurs équipementiers. Cela signifie qu’un emploi sur huit dans l’industrie automobile allemande a disparu. Rien qu’en 2025, 50.000 postes ont été supprimés. Jan Brorhilker, d’EY, parle sans détour d’une « crise profonde » dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les chiffres d’affaires reculent, les exportations ralentissent et aucun redressement ne semble en vue.
Les causes sont multiples. Les ventes de voitures électriques déçoivent si bien que les milliards investis ne rapportent pas comme espéré. Parallèlement, les constructeurs déplacent de plus en plus leur production et leurs centres de recherche vers les États-Unis ou la Chine où les coûts sont plus faibles et les marchés plus dynamiques. Pour les travailleurs allemands, le message est donc clair : ailleurs, le travail coûte moins cher.
Pic de faillites
Ce ne sont pas seulement les géants comme Volkswagen ou Porsche qui réduisent leurs effectifs. Les équipementiers tombent les uns après les autres. Le nombre de faillites dans le secteur a atteint l’an dernier un sommet inédit depuis douze ans. Des régions comme Stuttgart ou Wolfsburg, dont l’économie repose largement sur l’automobile, voient les problèmes s’accumuler : hausse du chômage et chute des recettes fiscales menacent la prospérité de ces territoires.
Une lueur d’espoir ?
Un mince espoir subsiste, même s’il paraît cynique pour les salariés licenciés. L’enquête d’AlixPartners montre que de nombreux dirigeants voient des opportunités dans les nouvelles technologies comme l’intelligence artificielle et la conduite autonome. Ils misent sur des abonnements logiciels et de nouveaux services pour générer des revenus à l’avenir.
Mais, pour l’instant, l’IA sert surtout à réduire les coûts plutôt qu’à stimuler la croissance. Et pendant que les stratèges dessinent l’automobile du futur, des milliers de travailleurs allemands paient aujourd’hui le prix fort.
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