La fin des batteries low cost : la Chine protège-t-elle ses automobilistes mieux que l'Europe ?

À partir du 1er juillet, Pékin rend obligatoire ce que personne n'avait encore osé exiger : des batteries de voitures électriques qui ne peuvent tout simplement pas prendre feu. Et ce n’est pas tout : coupure physique haute tension, résistance aux chocs, endurance à la recharge rapide, la Chine sort un véritable arsenal réglementaire bien plus strict que tout ce qui existe en Europe. Où quand l’Europe est (encore une fois) dépassée...

Publié le 26 juin 2026
Temps de lecture : 4 min

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La fin des batteries low cost : la Chine protège-t-elle ses automobilistes mieux que l'Europe ?

Il y a encore un an, la Chine avait indiqué qu’elle allait imposer aux batteries de voitures électriques de ne plus brûler ni exploser, même en cas d'emballement thermique. Ça ressemblait à une annonce de principe, le genre de décision qui met dix ans à se concrétiser. Mais ce n'est en fait pas le cas. Dès ce 1er juillet 2026, la norme GB38031-2025 entre en vigueur pour tous les nouveaux modèles soumis à homologation en Chine. Les modèles existants disposent d'un délai d’adaptation jusqu'au 1er juillet 2027. Il n’y aura donc pas de dérogation et pas de régime transitoire allongé.

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Pour comprendre ce que ça change, il faut partir de l'ancienne règle. Jusqu'ici, les fabricants devaient garantir qu'en cas d'emballement thermique (soit la réaction en chaîne qui peut porter une cellule lithium-ion à plus de 600°C en quelques secondes), la batterie émettait une alerte cinq minutes avant tout départ de feu. On disposait donc de cinq minutes pour évacuer le véhicule. C'était le standard mondial, y compris en Europe. Mais la nouvelle norme chinoise oblige à supprimer le problème à la source : il ne peut plus y avoir d'incendie du tout, ni d'explosion pendant au moins deux heures après le déclenchement d'un emballement thermique. En outre, la fumée émise durant cet épisode ne peut pas atteindre l'habitacle.

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300 charges, et puis quoi ?

Pour y parvenir, les batteries doivent désormais passer par trois nouveaux tests d'homologation. D'abord, un test de choc par le dessous : une bille d'acier de 30 mm projetée avec une énergie de 150 joules contre le plancher du pack, pour simuler l'impact d'un débris sur la route. Ensuite, un test de court-circuit externe après 300 cycles de recharge rapide à haute intensité, de 20 à 80 % en moins de quinze minutes à chaque fois. Si la batterie ne déclenche ni feu ni explosion après cet enchaînement, elle est conforme. On notera que cette norme dépasse le seul enjeu de sécurité : 300 cycles de recharge rapide, c'est aussi une garantie de longévité. Une batterie qui tient ce protocole vieillira probablement mieux et perdra donc moins d'autonomie sur la durée. Enfin, un mécanisme de coupure physique haute tension indépendant de tout logiciel et qui doit permettre aux secouristes d'isoler le circuit en cas d'accident.

L'Europe régule à côté

Wu Kai, académicien de l'Académie chinoise de génie et directeur scientifique de CATL, a déclaré lors du forum de l'équipement de puissance 2026 que le taux de combustion spontanée des véhicules électriques chinois devrait être inférieur à celui des thermiques une fois la norme pleinement appliquée. Ça restera évidemment à vérifier.

Cela dit, ce qui intrigue, c’est que l’Europe qui est pourtant une grande adepte des règles et des obligations n’a curieusement rien prévu sur cet aspect. Bruxelles s'est en fait concentré sur autre chose : le recyclage, la traçabilité, le passeport numérique de batterie et son empreinte carbone. C’est aussi bien pour le consommateur, mais ça ne le protège pas vraiment. Certes, l’Europe a bien introduit un test de propagation thermique, mais elle ne rentrera en application qu’en septembre 2027 tandis qu’elle reste aussi calée sur le mode « alerte avant incident » et pas sur le principe du zéro incendie chinois. Bref, l’Europe est de nouveau en retard.

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Un standard mondial ?

L'Europe n'aura pas besoin d'adopter formellement la GB38031-2025 pour en subir les effets. Les BYD, MG et Leapmotor vendus en Belgique y seront conformes par défaut puisque ces voitures sont conçues en Chine. Les constructeurs européens, eux, ont deux options : investir massivement en R&D pour atteindre un niveau de sécurité que la Chine maîtrise déjà ou... acheter des batteries chinoises certifiées. CATL fournit déjà BMW, Stellantis et Volvo. C’est la triste réalité : la dépendance ne se réduit pas, elle s’accentue.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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