Électrique

La voiture électrique comparée à la bulle photovoltaïque

La Libre Belgique a interviewé Francesco Contino, professeur en Énergies à l’ULiège. Celui-ci prône le maintien du nucléaire et il n’hésite pas à fustiger la transition au tout électrique qui risque de nous amener face à un black-out.

David Leclercq David Leclercq | Publié le 12/01/2022 | Temps de lecture : 2 min

Le quotidien La Libre Belgique a donc interviewé Francesco Contino, professeur à l’UCLouvain et spécialistes des énergies et particulièrement des e-carburants ou carburants synthétiques qui ont la particularité d’être produits à partir d’énergies renouvelables. L’homme a livré sa vision sur l’actuelle perspective de fermeture des centrales nucléaires, mais aussi sur la transition forcée vers le tout électrique en automobile.

L’entretien est édifiant, car l’homme n’hésite pas à comparer la voiture électrique à la bulle photovoltaïque bien connue des Wallons. Il n’hésite pas non plus à mettre en garde sur les dangers de la voiture électrique tandis qu’il défend encore l’essence et le Diesel, en tout cas pour le temps d’une transition socialement équitable.

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Ne pas sortir du nucléaire

kerncentrale centrale nucleaire

Francesco Contino indique tout d’abord que c’est une mauvaise idée de sortir dès à présent du nucléaire. Pour lui, il faudrait le prolonger un maximum de réacteurs, car les avantages seraient nombreux, notamment en termes d’émissions de CO₂. Francesco Contino rappelle que le pire, c’est d’attendre. Le secteur énergétique nécessite en effet 100 milliards d’euros d’investissements et, attendre, c’est prendre le risque de perdre les investisseurs et voir les besoins d’investissements augmenter, car rien n’aura été fait.

Contino rassure aussi sur les potentielles pénuries d’électricité qu’il pourrait y avoir à l’avenir. Selon lui, notre sécurité d’approvisionnement même en cas de sortie de l’atome n’est pas menacée, car la situation n’est pas du tout comparable à celle du choc pétrolier de 1970 qui était autrement plus complexe.

En effet, en Belgique, l’électricité ne représente que 20% du mix énergétique (toutes énergies confondues donc) et que le nucléaire assure un peu plus de 50% de ces 20%, soit environ 10% du besoin de notre pays. L’enjeu n’est donc pas aussi élevé que ce que certains voudraient faire croire. Les centrales au gaz seront selon lui suffisantes, car elles s’accompagneront de technologies visant à lisser la courbe de la demande (smart grid) et de systèmes de stockage par batterie.

Francesco Contino rappelle aussi les 100 milliards d’euros à investir dans le secteur. Pour lui, il faut multiplier par 12 la capacité photovoltaïque et jusqu’à 6 fois la capacité éolienne afin de parvenir à une production de 160 TWh au lieu de 80 actuellement.

Et la voiture électrique ?

Cela dit, 160 TWh ne suffiront pas pour alimenter la Belgique. Le professeur estime en effet le besoin un peu au-delà) des 400 TWh par an. Francesco Contino ne croit donc pas que la consommation va baisser, car baisser la consommation d’énergie, c’est en fait réduire la croissance économique. Ce que personne ne souhaite.

Francesco Contino a également un avis très intéressant sur la voiture électrique. Sans remettre en cause l’intérêt du véhicule électrique, celui-ci fustige en effet l’approche qui consiste à forcer vers une société tout électrique pour la mobilité. Pour le professeur, l’Europe se trompe, car elle oublie que les habitations auront elles aussi besoin de plus d’électricité notamment avec les chauffages à pompe à chaleur en lieu et place du mazout et du gaz. Si on additionne les transports à cette nouvelle demande, cela à toutes les chances de nous conduire vers des situations de black-out.

Francesco Contino constate que la voiture électrique est un eldorado pour certains. Car l’électricité est moins taxée que l’essence ou le Diesel. Dès lors, ceux qui ont des panneaux photovoltaïques peuvent en profiter pleinement. Et encore plus ceux qui peuvent la déduire (à 100%). Cela dit, le professeur indique qu’il ne sera pas possible de maintenir les avantages fiscaux du véhicule électrique indéfiniment au risque de connaître une bulle similaire à celle du photovoltaïque en Wallonie. Pour lui, le phénomène est identique. Et on court donc les mêmes risques.

La solution ?

Elle est toute trouvée : il faut instaurer une taxation équitable pour les carburants en se basant sur leur impact carbone réel. La technologie la plus efficiente s’imposerait alors d’elle-même. Le professeur de l’ULiège rappelle que d’autres technologies utilisables dans les moteurs à combustion n’émettent pas de carbone comme l’hydrogène et l’ammoniac, le méthanol ou les carburants synthétiques. Or cette vision est ignorée, car l’Europe ne se focalise que sur les émissions à l’échappement et pas sur le cycle complet.

Enfin, dans les colonnes de La Libre, Francesco Contino explique qu’il est aussi malvenu de bannir les essence et les Diesel de Bruxelles en tous cas à l’horizon 2030. Car, selon lui, tout le monde ne pourra pas accéder à la voiture électrique. Socialement donc, il y a un décalage et des inégalités. Le professeur pense que les autorités ne s’en rendront compte que vers 2027 ou 2028 et qu’elles feront alors marche arrière. Voilà des propos qui font réfléchir…

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