Le pétrole dégringole, alors pourquoi parle-t-on encore de 3 euros le litre ?

Ce lundi, le baril de Brent a dégringolé de plus de 6 %. De quoi souffler à la pompe ? Deux experts belges en énergie en doutent, chacun à sa manière. Car derrière l'accalmie d'Ormuz se cache un autre front que personne n’a encore vraiment intégré.

Publié le 28 juillet 2026
Temps de lecture : 4 min

Partagez

Le pétrole dégringole, alors pourquoi parle-t-on encore de 3 euros le litre ?

Interrogé par La Dernière Heure, le professeur de l'Université de Liège, spécialiste des questions énergétiques Damien Ernst, n'y est pas allé par quatre chemins. L’homme annonce en effet un litre de carburant à 3 euros avant la fin de l'été si le conflit au Moyen-Orient ne se règle pas. Une « catastrophe sans nom », dit-il, potentiellement pire que celle de 2022. Mais comment prédire quoi que ce soit dans pareil contexte ? Le protocole de paix signé le 17 juin était déjà bafoué le 7 juillet tandis que la pause des frappes ce week-end a été qualifiée de tactique par Téhéran. Que peut encore croire le marché ?

Le répit du lundi

Le marché respire pourtant un peu. Après trois nuits sans frappes américaines, le Brent perd plus de 6 % et retombe autour de 90 dollars, contre plus de 100 la semaine dernière. Cela dit, on aurait tort de crier victoire. Vincent Juvyns, Chief Investment Officer chez ING a été interrogé par La Libre et il estime que l'accalmie est fragile, car les cessez-le-feu ne tiennent qu'à un fil. Le détroit d'Ormuz, par lequel transite l'essentiel des exportations du Golfe, tournait il y a deux semaines à douze navires quand la normale se situe entre cent et cent quinze.

2150516358

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Des réserves qui fondent

Et c'est là que le tableau se corse. Depuis mars, pour amortir la crise, les États ont largement puisé dans leurs réserves stratégiques en pariant sur un trimestre de tension, mais pas sur davantage. Le risque augmente donc. Car si la crise s'installe, ces pays-là aborderont l'hiver avec une marge de sécurité plus que réduite, au moment où il faudra reconstituer les stocks. Vincent Juvyns ne l'exclut pas : les 2 euros ne seront bientôt plus une limite et les 3 euros ne relèvent plus de la science-fiction à moyen terme. ING est donc plus mesuré que Ernst, mais les deux envisagent toutefois la même chose. Et pas uniquement en raison de la guerre en Iran.

L'autre robinet

Car le Diesel ne suit pas seulement le cours du brut. Une seconde crise se joue loin d'Ormuz, sur les raffineries russes pilonnées depuis des mois par les drones ukrainiens. Moscou a gelé ses exportations de gazole jusqu'au 31 juillet, quand près de 60 % de ses capacités de raffinage seraient à l'arrêt selon S&P Global. Les marges européennes sur le Diesel ont d’ailleurs battu des records. Voilà pourquoi la détente dans le détroit d’Ormuz ne réglera pas tout. Le baril de brut peut redescendre, mais le Diesel raffiné restera, lui, sous haute tension. Et puis, il faut voir la réalité en face : le litre de gazole a déjà flirté avec les 2,5 euros au printemps dernier. Le cap des 3 euros n'est plus une vue de l'esprit, d’autant que le gouvernement belge, empêtré dans ses propres programmes d’économies, n’a manifestement pas l’intention d’intervenir.

1376

Et le portefeuille belge ?

Chez nous, le choc arrive amorti. La loi-programme lisse les variations à la hausse comme à la baisse, si bien que le portefeuille de l'automobiliste réagit avec retard, dans un sens comme dans l'autre. Nos deux raffineries écartent par ailleurs tout risque de pénurie physique de diesel. Mais le prix, lui, suit le marché européen, sans échappatoire. Si le scénario des 3 euros se confirmait, la facture grimperait sec : selon les calculs de nos confrères de La Dernière Heure, un Diesel parcourant 10.000 km par an paierait 460 euros de plus et un gros rouleur effectuant 30.000 km près de 1.400. À l'essence, comptez un surcoût annuel oscillant entre 620 et 2.200 euros. On croise les doigts pour que ça n’arrive pas, mais...

Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :

  1. Consulter gocar.be régulièrement
  2. Suivre Gocar sur Google Actualités
  3. S'abonner à la newsletter Gocar

Par David Leclercq Rédacteur automobile

Partagez

Contenus sponsorisés

Gocar marketplace
Vous cherchez un véhicule neuf ou d'occasion ?
Hybride, électrique ou thermique ? Neuve ou d'occasion ? Spécialiste dans la recherche de véhicules neufs, d’occasions et sur toute l’actualité automobile.

Sur le même sujet

Gocar newsletters
Gocar est la référence. Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité !
Abonnez-vous à notre newsletter Gocar pour rester au top de l’information et connaître tous les bons plans !
Votre inscription a bien été enregistrée.