Un assureur refuse les voitures chinoises : et en Belgique ?

Aux Pays-Bas, un assureur vient de fermer la porte de ses contrats à neuf marques automobiles. Pas pour leur qualité, ni leur origine, mais bien pour ce qui peut se passer après un accident. La même chose serait-elle possible en Belgique ? Oui. Et l'automobiliste belge découvrirait alors que la loi le protège, mais pas là où il l'attend.

Publié le 26 août 2026
Temps de lecture : 5 min

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Un assureur refuse les voitures chinoises : et en Belgique ?

L'essentiel de l’info :

·      L'assureur néerlandais Univé refuse désormais ses contrats à neuf marques récentes et il limite cinq autres à la seule responsabilité civile.

·      Le critère retenu n'est ni l'origine ni la fiabilité du véhicule, mais la capacité à le réparer après un sinistre.

·      En Belgique, un dispositif légal garantit l'accès à la RC obligatoire après trois refus. 

Douze pour cent : c'est la proportion d'acheteurs qui, avant de signer un bon de commande, demandent si les pièces de leur future voiture seront simples à obtenir. Les autres scrutent le prix, l'autonomie, la teinte de la carrosserie. Mais, trop souvent, l'après-accident, personne n'y songe et c’est pourtant bien là que les choses peuvent se gâter. Un phare commandé en Asie qui met des mois à arriver, un calculateur électronique attendu deux cents jours pendant que la voiture dort au garage. Ces situations ne sont manifestement pas rares et elles ont poussé l'assureur Univé à prendre une décision assez radicale.

La compagnie a dressé deux listes avec d’une part, neuf marques qu'elle n'accepte plus du tout, même pour la responsabilité civile obligatoire (Changan, Hongqi, Jaecoo, Leapmotor, MHero, Omoda, VinFast, Voyah et KGM) et, d’autre part, cinq autres qu'elle limite à cette seule RC, sans couverture des dégâts au véhicule lui-même (Dongfeng, Firefly, Lucid, Nio et Zeekr).

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Le problème n'est pas sous le capot. Univé ne met en cause ni la solidité de ces voitures ni leur comportement sur la route. Ce qui coince, c’est le jour où une aile se froisse. Trouver la pièce, mettre la main sur la bonne instruction de réparation, dénicher un carrossier qui connaît le modèle : c'est là que la chaîne se grippe. Univé donne même des exemples concrets, comme avec ce modèle électrique où une fissure sur une pièce de suspension avant a entraîné le remplacement de la carrosserie entière. Résultat : une perte totale et une situation inacceptable dans le chef de la compagnie d’assurance.

Pas qu'une histoire chinoise

La nationalité n'est pas le critère officiel de la décision de l’assureur néerlandais et la liste le prouve. KGM est sud-coréen, VinFast vietnamien et Lucid américain. Et on remarquera par ailleurs que certaines marques chinoises bien installées n’y figurent pas. BYD, MG ou même Lynk & Co sont même salués par Univé qui admet que ces marques disposent d’un vrai réseau, solide. La démarche de l’assureur est donc se séparer les marques dotées d'une chaîne après-vente mature de celles qui n’en disposent pas. 

La riposte ne s'est pas fait attendre. Aux Pays-Bas, la fédération des concessionnaires Bovag juge l'avertissement largement exagéré. Omoda et Jaecoo affirment disposer d'un stock de pièces et d'un programme d'assurance adossé à Allianz. Leapmotor revendique quant à elle plus de huit cents points de vente et de service en Europe grâce à Stellantis. Cela dit, la décision d’Univé n’est pas suivie par tout le monde : Allianz et Centraal Beheer déclarent ne bannir aucune marque. Il y a donc des solutions et les listes d’aujourd’hui ne seront sans doute plus celles de demain, car des réévaluations interviennent régulièrement. 

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Et pour les Belges ?

Ce cas de figure d’Univé est-il un cas d’école ? Un assureur belge pourrait-il en faire autant ? Sur le principe, oui. Une compagnie choisit les risques qu'elle accepte, à condition que sa politique de segmentation poursuive un objectif légitime et reste objectivement justifiée. Invoquer le prix des pièces ou l'absence de réparateurs se défend.

Un assureur belge peut donc lui aussi refuser la RC d’un véhicule. Mais ce n’est pas si simple. Car souscrire une RC auto est une obligation légale pour tout véhicule mis en circulation et la loi a prévu le corollaire de cette obligation. Un automobiliste refusé par au moins trois compagnies ou confronté à des primes jugées excessives par la loi peut saisir le Bureau de tarification. Celui-ci fixera alors une prime et désignera une compagnie chargée du contrat. Personne ne reste donc sans couverture.

En revanche, ce filet de sécurité s'arrête à la responsabilité civile, soit celle qui indemnise les tiers. Pour l’omnium, c’est une autre histoire et rien n’oblige un assureur de procurer ce type de contrat à l’automobiliste. Dans ces conditions, en cas de refus, le risque des réparations pèse alors uniquement sur les finances du conducteur. Avant de passer commande pour un véhicule, mieux vaut se renseigner et vérifier le stock européen de pièces et le nombre de carrossiers homologué pour la marque ou le modèle choisi.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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