En principe, un moteur à combustion et l'eau, ça ne fait pas bon ménage : il suffit qu’il en avale une gorgée par son admission pour rendre l'âme. Cette irréconciliabilité est pourtant ce que Horse Powertrain promet d'ignorer avec le B20. Ce qui est particulier, c’est que sur le papier, ce 4 cylindres de 2 litres turbo ne semble pas sortir de l’ordinaire. Il développe 190 ch et 252 Nm, pèse 130 kg et présente un très beau rendement de 48,4 % obtenu grâce au cycle Miller qui décale la fermeture des soupapes d'admission pour limiter les pertes. Seul indice de sa singularité : sa certification IPX8 sur sa fiche d’homologation qui signifie qu’il peut continuer à tourner immergé jusqu'à 1,10 m sans boire la tasse. Surprenant !
Cette capacité à tourner sous l’eau provient de sa structure totalement scellée, mais aussi de liaisons avec la transmission étanchéifiées ainsi que de capteurs détectant la présence d'eau pour brider automatiquement la puissance et la réponse à l'accélérateur.
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Pour donner une échelle, un Land Rover Defender est homologué pour traverser des gués de 90 cm de profondeur. Le B20 rajoute donc 20 cm. Sauf que ces deux chiffres ne mesurent pas la même chose : celui du Defender vaut pour la voiture entière alors que celui du B20 ne concerne que le moteur. Or ce n'est pas seulement le moteur qui fixe la limite. Un moteur étanche ne rend pas automatiquement une voiture amphibie. Mais il peut avoir son utilité dans certains cas.
La version officielle
Horse ne cache pas ses intentions : le B20 vise les gros SUV et pick-up hybrides taillés pour le franchissement, ceux qui affrontent justement la boue, les rivières et les pentes à 45 degrés. Et dans ce registre, l'argument tient, car un moteur thermique qui avale de l'eau par son admission subit des dégâts irréversibles. Le B20 vise donc à sécuriser ces moments de franchissement.
Mais le constructeur évoque d'autres débouchés possibles, comme pour les véhicules de secours, les engins professionnels évoluant en conditions extrêmes et puis de plus en plus certaines applications militaires. Tiens, tiens...
Renault change de tenue
Il n’aura échappé à personne que le contexte mondial pousse les États vers un réarmement important. Et, forcément, celui concerne aussi les entreprises. En difficulté, Volkswagen vient d’ailleurs de transformer une de ses usines pour la production de matériel militaire. Et c’est aussi le cas de Renault qui, depuis 2024, s'est mué en réserviste de l'armée française, à la demande d'un ministère des Armées – le France détient d'ailleurs toujours 15 % du capital de l’ancienne Régie.
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Renault et Thales ont d’ailleurs dévoilé le 4TROOP, un véhicule multirôles bâti sur la base du SUV-coupé Rafale hybride rechargeable et coiffé d'un support pour drone de reconnaissance. Le groupe produira aussi le drone kamikaze Chorus dans son usine de Cléon, puis le Toutatis dès 2027, à raison de mille unités par mois. Cent ans après le char FT-17 de Louis Renault, la boucle est bouclée. Alors forcément, on se pose la question : un moteur insensible à l'immersion, à bridage électronique automatique, qui tombe dans le giron d'un groupe en plein réarmement, est-ce vraiment un hasard ? Rien ne permet de l'affirmer encore, mais les signaux semblent assez évidents. Ce moteur est d’autant plus interpellant que Renault développe aussi un engin terrestre militaire avec John Cockerill Defense dont le pôle défense est ancré à Seraing (Liège). Vu l’évolution, on se demande quand la tourelle rejoindra le toit ouvrant au catalogue des options de nos voitures...
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