Au sein du groupe Volkswagen, l’usine d’Osnabrück ne semble plus avoir d'avenir. Cette chaîne de production située au nord-ouest de l'Allemagne est en effet une nouvelle fois menacée de fermeture en raison des économies annoncées par le constructeur de Wolfsburg. L’entreprise prévoit de se séparer de 50.000 emplois d’ici la fin de la décennie.
Selon le Financial Times, Volkswagen mènerait actuellement des négociations avec la société de défense israélienne Rafal Advanced Defense Systems afin de reconvertir le site et de l’adapter à la production de composants destinés à des systèmes de défense aérienne. Il faut se souvenir que récemment, des rumeurs avaient déjà fait état de négociations entre la société de défense néerlandaise KNDS afin de produire des véhicules blindés à Osnabrück. Mais ces informations n’ont jamais été confirmées.
Pas d’armes, mais des composants
Selon le journal économique, les négociations en cours porteraient sur la fabrication de composants, tels que des lanceurs, des systèmes d'alimentation en énergie et des véhicules de soutien. Il ne s'agit donc pas d’armement pur comme des missiles par exemple.
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Pour rappel, c’est bien Rafal Advanced Defense Systems qui fabrique le fameux dôme de fer ou « Iron Dome » qui protège le territoire israélien contre les attaques extérieures. Ce dispositif est en partie financé par les États-Unis. Il a déjà pu neutraliser à plusieurs reprises des attaques aériennes en provenance de Gaza ou d'Iran. Volkswagen a malgré tout réagi à ces pourparlers, indiquant que l’entreprise allemande ne produisait pas d’armes et qu’elle n’en produirait jamais. Le gouvernement allemand serait en revanche intéressé, du moins selon le Financial Times.
Surtout des cabriolets
Le site d'Osnabrück emploie actuellement 2.300 personnes. Volkswagen y construit aujourd'hui la T-Roc Cabrio, mais cette production est prévue de s’arrêter à l'été 2027. Jusqu'à l’an dernier, l’usine assemblait également la Porsche 718 Boxster et Cayman et un peu plus tôt encore la Volkswagen Arteon Shooting Brake ainsi que la Skoda Karoq.
Pendant longtemps, Osnabrück a été une usine dédiée aux cabriolets, spécialement ceux de la Golf et de la Beetle. Jusqu'en 2009, le site appartenait encore au carrossier Karmann, qui œuvrait donc comme sous-traitant en assemblant la Golf Cabrio, la Karmann-Ghia, mais aussi la Scirocco et la Corrado. Et si on remonte plus loin encore, il faut savoir qu’au siècle dernier, elle assurait l’assemblage de voitures d'autres marques comme BMW (la 2000 et la première Série 6), Ford (Escort Cabrio), Mercedes (CLK Cabriolet), Audi (Audi Cabriolet puis l’A4 cabrio) ou Chrysler (Crossfire). Touche à tout, le site fabriquait aussi des camping-cars élaborés à partir de bases techniques de Volkswagen et Mercedes.
Des bénéfices en baisse
La situation économique du site s’est toutefois dégradée. L'usine d'Osnabrück avait déjà été citée dans le cadre de restructurations, mais elle avait jusqu'ici survécu, alors que les sites de Dresde et d’Audi de Bruxelles ont, eux, fermé leurs portes.
Sauf que la conjoncture ne s’est pas améliorée. Et Osnabrück se retrouve à nouveau dans la tourmente, spécialement depuis que le constructeur a annoncé son vaste plan de restructuration. Volkswagen continue de souffrir de surcapacités sur un marché européen aux parts de marché réduites. Et ailleurs ce n’est pas mieux : VW est en perte de vitesse en Chine, comme aux États-Unis où ce sont les droits de douane qui freinent les ventes. Selon les dernières estimations, les coûts liés aux droits de douane américains et la baisse des ventes qui en ont découlé ont coûté 3 milliards d'euros au constructeur.
D’accord, mais en 2025, le groupe a toutefois enregistré un bénéfice net de 6,9 milliards d'euros et il a vendu autant de voitures qu'en 2024. Problème : ce bénéfice a chuté de 44% sur un an et la marge bénéficiaire par véhicule vendu a été divisée par deux. Ce sont les résultats les plus mauvais depuis le scandale du Dieselgate en 2015. Pour cette raison, Volkswagen dégraisse et prévoit d’économiser 6 milliards d’euros d’ici à 2030.
Et Volkswagen n'est pas seul dans cette démarche. La crise de l'industrie automobile et le réarmement massif du continent se croisent au même moment, ce qui ouvre une nouvelle voie pour des usines menacées de fermeture. En France, Renault va ainsi produire dès le printemps 2026 un drone militaire baptisé « Chorus » dans ses usines du Mans et de Cléon dans le cadre d'un contrat potentiel d'un milliard d'euros sur dix ans avec la Direction générale de l'armement. En Italie, le gouvernement envisage de reconvertir des sites Stellantis vers la défense. Et encore en Allemagne, 900 salariés de l'équipementier Continental ont déjà été transférés vers le géant de l'armement Rheinmetall. La Commission européenne elle-même encourage ce mouvement, estimant que le savoir-faire industriel automobile est précisément ce dont l'industrie de défense européenne a besoin.
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