Depuis plus d’une décennie, Bruxelles occupe la première place nationale d’un palmarès peu flatteur : celui de la ville belge la plus congestionnée. Et ce classement n’est pas le fruit d’une impression, mais des données statistiques rigoureusement récoltées par le TomTom Traffic Index qui se fonde sur de millions de trajets réels.
L’édition 2025 introduit toutefois une différence par rapport aux millésimes précédents. Car on constate que la ville d’Anvers affiche désormais un taux de congestion supérieur à celui de Bruxelles et devient donc, sur le papier, la ville la plus embouteillée du pays. Cela signifie-t-il que la situation s’est améliorée à Bruxelles ? Que nenni, ce serait une erreur d’interprétation ! Car le classement repose avant tout sur un indicateur précis : le taux de congestion qui mesure le temps supplémentaire passé en circulation par rapport à des conditions fluides. Or, ce critère ne dit pas tout de l’expérience réelle des automobilistes.
Zone 30, un biais statistique
Avec un taux de congestion de 46,2%, Bruxelles se situe derrière Anvers. Mais la généralisation de la zone 30 fausse en fait la comparaison. Dans la capitale, la vitesse moyenne n’atteint que 18,3 km/h, contre 28,6 km/h à Anvers, où la majorité du réseau reste limitée à 50 km/h.
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Autre particularité bruxelloise : les heures dites « creuses » y restent fortement chargées, ce qui réduit aussi mécaniquement l’écart entre le trafic fluide et le trafic saturé. Résultat : le taux de congestion paraît plus modéré, mais la circulation n’est malgré tout pas plus efficace.
Dès lors, si l’on se base sur la vitesse effective ou sur le temps nécessaire pour parcourir une distance déterminée, Bruxelles redevient la ville la plus congestionnée de Belgique et elle se situe alors à la 16ᵉ place mondiale.
Dans le Top 15 pour le temps perdu
L’indicateur le plus parlant reste toutefois celui du temps perdu annuellement dans les embouteillages. Et sur ce terrain, la capitale belge conserve une position peu enviable. L’an dernier, un automobiliste bruxellois a perdu en moyenne 146 heures dans le trafic, soit plus de six jours entiers. Selon TomTom, Bruxelles se classe 15ᵉ ville la plus pénibles du monde, très loin devant toutes les autres villes belges. Anvers affiche pour sa part 92 heures perdues, Gand 81 heures, Namur 71 heures. Notons qu’à l’échelle mondiale, la capitale belge reste néanmoins loin du record absolu : à Lima (Pérou), les conducteurs passent près de 195 heures par an dans les embouteillages. De quoi relativiser ?
Top 10 mondial – Temps perdu annuel dans les embouteillages (TomTom Index 2025)
Position/Ville/Temps perdu annuel
1. Lima (PE), 195 h
2. Dublin (IE), 191 h
3. Mexico (MX), 184 h
4. Bucarest (RO), 171 h
5. Bengaluru (IN), 168 h
6. Davao City (PH), 168 h
7. Barranquilla (CO), 162 h
8. Arequipa (PE), 154 h
9. Kumamoto (JP), 154 h
10. Bogota (CO), 153 h
15. Bruxelles (BEL), 146 h
140. Anvers (BEL), 92 h
188. Gand (BEL), 81 h
234. Namur (BEL), 71 h
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