En 2025, treize personnes ont perdu la vie dans un accident de trottinette électrique sur les routes belges, contre quatre l'année précédente. Selon l’Institut VIAS, c’est une progression de 225% en un seul exercice. Dans le même temps, le nombre d'accidents corporels a grimpé de 1.735 en 2022 à 2.453 l'an passé, ce qui représente plus de six incidents par jour sur l'ensemble du territoire national.
Pour tenter d’enrayer le phénomène, Jean-Luc Crucke, ministre fédéral de la Mobilité (Les Engagés), a finalisé un arrêté royal visant à encadrer la circulation des trottinettes et vélos électriques. Le texte prévoit le port obligatoire du casque pour tout engin motorisé circulant au-delà de 20 km/h. « Cela fait un an qu'on travaille sur le sujet, il était temps d'accoucher », a déclaré le ministre à la presse. L'arrêté sera soumis au Conseil d'État après consultation des Régions qui sont compétentes pour la délivrance des licences. L'entrée en vigueur est fixée à septembre 2026.
Septembre en ligne de mire
Il faut toutefois bien préciser les choses. Comme l'indique Luc Goffinet, chargé le politique vélo, les mesures prises par le ministre ne concernent que les engins motorisés. En clair, les vélos électriques plafonnés à 25 km/h ne sont pas concernés, car ils sont encore assimilés à des cycles et donc pas des engins motorisés. Ils en sont donc pas concernés par la mesure, ce dont on peut d'ailleurs s'étonner, car ils sont de plus en plus nombreux sur les routes.
Minister Crucke werkt aan helmplicht voor elektrische steps vanaf 20 km/u https://t.co/1ffP2kNYaL
— BRUZZ (@BRUZZbe) March 30, 2026
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Nous ne disposons pas de chiffres pour les accidents de vélo, mais il faut savoir que 65% des victimes d'accidents de trottinette électrique admises aux urgences présentent un traumatisme crânien. Pourtant, au moment des faits, seuls 4% d'entre elles portaient un casque. Crucke estime que la conclusion s'impose d'elle-même.
La règle ne s'applique toutefois pas de manière uniforme. Les opérateurs de trottinettes et vélos en libre-service, dont Bolt et Dott, ont négocié un régime distinct : leurs flottes sont bridées à 20 km/h, ce qui les exonère de l'obligation de casque. En contrepartie, des aménagements leur sont imposés, comme des signaux visuels ou sonores pour le freinage et les changements de direction, des pneus à meilleure adhérence, des réductions automatiques de vitesse dans les zones piétonnes (à 6 km/h) et l’intégration de tests de réflexes liés à l'alcoolémie. Pour maintenir ou obtenir leur licence, ces entreprises devront respecter ces règles a prévenu le ministre.
Sur le volet répressif, les zones de police seront équipées de curvomètres pour détecter les engins débridés illégalement, un déploiement financé via le Fonds sécurité routière. Un budget spécifique du SPF Justice couvrira par ailleurs la destruction des trottinettes non conformes. La directive Machines (2006/42/CE qui est un texte européen qui fixe les exigences minimales de sécurité et de santé que tout fabricant doit respecter pour mettre un engin motorisé sur le marché de l'UE) servira de base à des contrôles renforcés à l'importation et elle ciblera notamment les modèles capables de dépasser 45 km/h et dont certains atteignent même les 100 km/h. Une concertation est par ailleurs engagée au niveau du Benelux sur une éventuelle immatriculation obligatoire. Un peu d’ordre dans ce secteur ne fera sans doute pas de mal...
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