Que l’ancien gouvernement hongrois de Viktor Orbán ait pris certaines libertés avec les principes démocratiques n’est un secret pour personne. Et même après sa défaite électorale et la démission qui a suivi au printemps dernier, les effets de cette politique continuent de se faire sentir !
Le dernier exemple en date s’appelle Péter Szijjártó. L’ancien ministre controversé des Affaires étrangères abandonne aujourd’hui son siège au Parlement pour rejoindre BYD, où il exercera « une fonction internationale », comme il l’a lui-même annoncé sur Facebook. Il sera chargé des relations extérieures.
Difficile de ne pas y voir un cas de pantouflage ! Lorsqu’il était encore ministre, Péter Szijjártó avait déjà joué un rôle important dans les projets du constructeur chinois. Il avait notamment œuvré pour débloquer une généreuse enveloppe de subsides publics afin de permettre à BYD de construire une usine en Hongrie… Cette usine sera implantée à proximité d’une nouvelle ligne ferroviaire vers la Serbie, que la Hongrie construit… à la demande du gouvernement chinois !
Dans ce contexte, il n’est pas absurde de considérer cette nomination comme un remerciement pour services rendus…
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Une usine et un siège européen
Depuis plusieurs années, la Hongrie met tout en œuvre pour attirer des usines automobiles et des sites de production de batteries. Elle cible aussi bien les constructeurs européens, comme Mercedes, BMW et le groupe VW, que les groupes asiatiques tels que Suzuki, Samsung, CATL et BYD.
Ce dernier achève actuellement la construction d’une usine automobile à Szeged, dans le sud du pays. Le site pourra produire 300.000 voitures par an et devrait, à terme, employer 10.000 personnes. La production pilote a débuté au début de cette année. Budapest accueillera par ailleurs le siège européen de BYD.
Lors de l’annonce de la construction de l’usine, il y a 3 ans, Péter Szijjártó avait qualifié le projet de l’un des plus grands investissements jamais réalisés dans l’économie hongroise. Il affirmait alors avoir participé à plus de 200 réunions avec les représentants chinois.
Le gouvernement de l’époque avait largement facilité l’opération grâce à un solide paquet de subsides, souligne aujourd’hui le nouveau Premier ministre, Péter Magyar. Dans un message publié sur Facebook, celui-ci accuse Péter Szijjártó d’avoir surtout défendu des intérêts étrangers !
Des liens étroits avec la Chine et la Russie
« La seule différence, c’est qu’à partir de maintenant, Péter Szijjártó ne sera plus payé par le peuple hongrois pour effectuer le même “travail”, mais par son véritable employeur », raille Péter Magyar.
L’ancien ministre des Affaires étrangères n’entretenait pas seulement des liens étroits avec les milieux d’affaires chinois : il était également proche de Moscou ! En mars, peu avant la défaite électorale, un collectif de journalistes d’investigation avait révélé que, lors de réunions européennes consacrées aux sanctions contre la Russie, Péter Szijjártó informait directement le Kremlin du contenu des discussions !
Sous le gouvernement Orbán, la Hongrie s’était aussi opposée à l’instauration de droits de douane sur les voitures électriques chinoises.
Le projet d’usine de BYD est toutefois antérieur à ces droits de douane, qui visent à protéger l’industrie automobile européenne face à la forte concurrence chinoise.
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