Budget auto : les Belges économisent, sauf là où il faut

Six Belges sur dix trouvent leur voiture plus lourde à financer qu'avant. Alors ils calculent chaque trajet et lèvent le pied. Sauf qu’ils continuent aussi à négliger un paramètre pourtant essentiel qui permettrait de réduire la facture...

Publié le 31 août 2026
Temps de lecture : 5 min

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Budget auto : les Belges économisent, sauf là où il faut

L'essentiel de l'info :

·      60,1 % des automobilistes belges jugent que la voiture pèse aujourd'hui plus lourd sur le budget familial. Cela dit, ils ne réduisent pas pour autant leurs déplacements. Ils les rationalisent.

·      Le vrai gisement d'économies est surtout mécanique et il est largement ignoré. Moins d'un Belge sur deux vérifie la pression de ses pneus et à peine trois sur dix font contrôler le parallélisme de suspension.

·      Le parc automobile belge atteint 10 ans et 3 mois de moyenne fin 2025 selon la FEBIAC, un record porté par les particuliers qui conservent leur voiture bien plus longtemps qu’avant.

Personne n’est épargné : les prix des carburants grimpent, ceux des assurances aussi, tout comme ceux des entretiens. Dans ce contexte, la voiture est devenue l'un des postes qui pèsent le plus lourd dans un budget familial déjà sous pression. Les Belges le ressentent et, manifestement, ils réagissent. Selon une enquête Auto5 menée en mai 2026 auprès de 809 automobilistes, six automobilistes sur dix estiment aujourd'hui que le coût total de leur voiture pèse davantage sur les finances du ménage qu'avant.

L’enquête insiste d’ailleurs sur la notion de « coût total », ce qui signifie qu’il ne s’agit pas juste du prix du plein, mais de tout ce qui l’accompagne : l'entretien, les pneus, mais aussi le stationnement et, bien entendu, la fiscalité. Ce qui est intéressant, c’est que l’enquête montre que la voiture reste indispensable pour nos concitoyens, mais qu’elle n’est plus forcément un automatisme pour tout le monde. De plus en plus d’automobilistes évaluent plus systématiquement le besoin d’un déplacement ou alors, ils tentent de les combiner.

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Le réflexe qui disparaît

Ainsi, l’enquête d’Auto 5 révèle que près de sept Belges sur dix regroupent aujourd'hui plusieurs courses ou rendez-vous pour éviter des trajets séparés. La moitié renonce plus facilement aux petits parcours non essentiels tandis qu’un sur deux lève le pied pour économiser du carburant ou de l'énergie. Beaucoup font aussi le plein ou rechargent à des moments jugés plus avantageux. La voiture n'est pas abandonnée, mais son usage, lui, est rationné. 

Le report vers d'autres modes de mobilité reste toutefois marginal. Quatre personnes sur dix optent parfois pour le vélo, la marche ou les transports en commun, mais une sur quatre seulement envisage le train pour un city-trip ou des vacances. La dépendance à la voiture individuelle reste donc forte en Belgique et l'alternative ferroviaire ne semble pas encore convaincre pour les longs week-ends.

Sous le capot

L'enquête Auto5 révèle aussi que l'automobiliste cherche souvent ses économies au mauvais endroit. Le carburant reste l'obsession première, car le passage à la pompe est fréquent et que le prix est affiché en grand. En revanche, l’entretien général (ou mécanique) est moins fréquent et il est vite oublié. Un pneu sous-gonflé augmente sa résistance au roulement, donc la consommation, et il s'use plus vite. Idem pour une géométrie déréglée qui fait ripper le pneu en permanence et brûle du carburant pour rien. Ce sont là deux sources d'économies bien réelles.

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Moins d'un Belge sur deux contrôle la pression des pneus au moins une fois par mois et à peine trois sur dix font vérifier régulièrement la géométrie. C’est tout à fait paradoxal, car 41 % des répondants se rendraient plus volontiers au contrôle technique si celui-ci permettait de réduire leur consommation. La chose continue manifestement d’être ignorée : une révision coûte souvent moins cher que les économies qu’elle génère, même si, c’est vrai, les coûts d’entretien des véhicules ont aussi explosé ces dernières années avec l’inflation des pièces et de la main-d’œuvre.

Dix ans au compteur

Fin 2025, l'âge moyen du parc automobile belge atteignait 10 ans et 3 mois selon la FEBIAC, un record. Le pays comptait un peu plus de six millions de voitures particulières et la croissance de ce parc tenait principalement aux particuliers, ceux qui gardent leur véhicule plus longtemps là où les voitures de société (un quart du total environ) se renouvellent tous les trois à cinq ans.

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Le Belge garde donc sa voiture plus longtemps et il rogne aussi sur ce qui coûte, entretien compris. Dans ce contexte, la réforme flamande du contrôle technique pose encore plus question. Pour rappel, dès ce 1er septembre, la Flandre espace le passage à deux ans pour toutes les voitures, sans plafond d'âge ni de kilométrage et ce, au moment précis où le parc n'a jamais été aussi vieux et où l'entretien se fait au plus juste. À méditer.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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