Les zones de basses émissions (et la vignette Crit’Air) vont-elles disparaître en France ?

En France, de nombreuses villes ont instauré des zones de basses émissions (ZFE) pour limiter l’afflux des véhicules les plus polluants. Sauf que cette mesure est sur le point d’être abrogée. En effet, l’Assemblée nationale française vient de voter en faveur de la suppression de ces zones. Vont-elles disparaître définitivement et, question, cette décision pourrait-elle aussi avoir des conséquences en Belgique ?

Publié le 3 juin 2025
Temps de lecture : 4 min

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Les zones de basses émissions (et la vignette Crit’Air) vont-elles disparaître en France ?

La France a mis en place assez tôt les zones de basses émissions. La première date de 2015. C’était à Paris et c’était alors à l’époque une « zone à circulation restreinte » (ZCR) qui ne concernait que les deux roues. Mais depuis, des systèmes plus complexes et restrictifs ont été mis en place à travers tout le pays et, désormais, ce sont 95 localités qui appliquent cette règle.

Sauf que ces zones de basses émissions – et la vignette Crit’Air obligatoire qui va avec, y compris pour les véhicules étrangers –, c’est peut-être bientôt fini. En effet, les députés de l’Assemblée nationale viennent de voter en faveur de la suppression de ces Zones à Faibles Émissions (ZFE). Pour quelle raison ? Celles-ci seraient antisociales et interdiraient villes  à des personnes moins argentées (et dans l’incapacité financière de changer de véhicule) l’accès à certaines villes.

Dans l’Hexagone, le débat est vif autour de cette potentielle suppression. Car selon les dernières études, il semble que l’efficacité des ZFE soit au rendez-vous. En effet, en France, on attribue 40.000 décès annuels aux émissions de particules fines qui connaissent forcément de plus grandes concentrations dans les agglomérations. Et 15% des particules fines émises proviendraient du transport routier (tous véhicules confondus). Or, les derniers relevés montrent qu’à Paris, les émissions de particules fines (PM2,5) auraient diminué de -3% (transports uniquement) depuis la date d’entrée en vigueur de la zone de faibles émissions. Et ce serait pareil pour les émissions de dioxyde d’azote, réduites de -6% seraient grâce à la seule zone de basses émissions.

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Défendre la société ?

L’intention de cette suppression a été votée par une coalition assez hétéroclite incluant le Rassemblement national, Les Républicains et La France Insoumise. Les députés qui soutiennent l’abolition des ZFE évoquent surtout des arguments liés à la liberté de circulation et à la justice sociale.

Alors, fini la vignette Crit’Air ? Pas encore. Car la mesure doit encore être intégrée dans la loi de simplification qui est toujours en cours d’examen et qui doit être validée par le Conseil constitutionnel. Si la mesure fait débat, elle pourrait toutefois aussi exposer la France à d’importantes amendes européennes, car le pays s’était engagé (et avait donc reçu de l’argent) pour étendre ces ZFE avec son plan de relance. Trois milliards d’euros à rembourser, ça ferait cher pour un gouvernement qui tourne en rond depuis des semaines pour boucler son budget.

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© WIKIPEDIA - Guilhem Vellut from Paris, France — Périphérique @ Path to Le Millénaire shopping mall @ Paris

Un cas qui fera école en Belgique ?

Si la France semble enclencher une grande marche arrière sur les zones de basses émissions, on se demande évidemment si cette mesure pourrait aussi intervenir en Belgique qui compte trois LEZ, à Bruxelles, Anvers et Gand. La question se pose d’autant plus que Bruxelles vient de reporter de deux ans l’un des durcissements prévus au calendrier, en particulier pour l’interdiction de circulation des Diesel Euro 5.

A priori, une suppression n’est pas encore à l’ordre du jour et certainement pas à Anvers qui est une ville portuaire et qui souffre donc déjà d’un niveau de pollution plus élevé. A Bruxelles, le débat est sans doute plus ouvert, surtout avec un gouvernement qui n’arrive pas à se mettre en place et des partenaires qui s’opposent sur toutes les idées. 

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Pourtant, Bruxelles et Anvers ont fait une expérience positive avec les LEZ pour ce qui touche à la santé publique. Selon le rapport des Mutualités Libres en partenariat avec la KU Leuven, les organisations HEAL et VITO, l’université de Hasselt et l’agence interrégionale de l’environnement CELINE, les rejets de dioxyde d’azote (NO2) à Anvers seraient passés de 34,94 µg/m3 en 2016 à 24,46 µg/m3 en 2022, soit une baisse de -30%. Et la diminution atteindrait -37% dans la capitale, passant de 29,44 µg/m3 de NO2 à 18,53 µg/m3 entre 2017 et 2022. Et les bénéfices s’étendraient au-delà des LEZ puisqu’à 5 km à la ronde, on observerait des diminutions des concentrations de polluants. Aucun chiffre n’est communiqué pour Gand, car la mise en place de la LEZ est encore trop récente (2020).

Quoi qu’il en soit, les débats resteront certainement encore très animés dans les semaines et mois à venir autour de cette matière clivante. Et si vous partez en France cet été, jouez la carte de la prudence. Après tout, une vignette ne coûte que 5 euros alors que les amendes coûtent entre 68 et 135 euros... 

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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